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                       DE VICTOR DE LAPRADE                            419

tout ce que fut l'enseignement de Victor de Laprade, dont
il occupe la chaire :

   « Dédaignant, dit-il, ces grands effets oratoires souvent destinés à
dissimuler le vide de la pensée, peu soucieux d'attirer la foule, à laquelle
ne peut convenir qu'une vulgarisation trop facile, il avait vu venir à
lui, dès le premier jour et conserva jusqu'à la fin, en le voyant chaque
année s'accroître, un public d'élite, non de simples auditeurs, mais de
fidèles, et tous parlent encore avec émotion de ces belles leçons prépa-
rées par tant d'études, mûries par tant de réflexions, de cette parole
sans apprêt, mais pleine de séduction comme de force pénétrante. »

   La parole est donnée ensuite à M. Léon Roux, prési-
dent de l'Académie de Lyon, pour la classe des Lettres.
Dans un discours, qui renferme une étude complète de
l'Å“uvre de Victor de Laprade, l'orateur s'attache principale-
ment à peindre « le chantre inspiré du devoir. » Le devoir !
C'est par ce mot que se résume toute son œuvre. Laprade
appartient, comme tous les grands poètes, à l'école spiri-
tualiste. La croyance en Dieu, le culte de la famille,
l'amour de la patrie, forment la triple source de ses ins-
pirations. Puis l'orateur termine par ces grandes considé-
rations morales :

   C'est donc chose excellente que la cérémonie qui nous réunit aujour-
d'hui, car elle a une signification vraiment patriotique. Le torrent des
mauvaises doctrines grossit sans cesse ; partout il étend ses ravages.
Plus que jamais il est donc nécessaire de protester, si l'on ne veut pas
passer pour complice. Ce monument est une protestation ; c'est un
acte et un grand acte. En l'élevant, ce n'est pas tant un homme que
vous honorez d'une manière insigne : s'il n'y avait que cela dans ce
solennel hommage, il n'échapperait pas à la loi de caducité qui atteint
toutes les choses humaines, et, en dépit de l'habileté de l'artiste auquel
nous le devons, on pourrait dire de lui, avec Bossuet, qu'il porte jusqu'au
ciel le magnifique témoignage de notre néant. Il y a, comme je l'ai dit en
commençant, quelque chose de plus dans cette œuvre, et c'est pour-