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                L'Å’UVRE DE PIERRE DUPONT                    jet

à la réalité ! Dans ces légendes auxquelles nous avons fait
de courts emprunts, l'action malgré l'intervention de per-
sonnages merveilleux, se déroule d'une façon si naturelle
que le récit arrive à perdre tout caractère extraordinaire :
ce sont des fables plutôt que des légendes.

   D'ailleurs, en d'autres chansons : les Fers à cheval et les
Filets, l'auteur — à son insu, car rien chez lui ne paraît
calculé — l'auteur côtoie, sans la franchir, la limite qui
sépare le vraisemblable du merveilleux. Il faudrait peu de
chose, en effet, pour travestir en esprit infernal l'adroit vo-
leur qui réveille le maréchal-ferrant et lui emporte son or,
ou pour expliquer par l'intervention de quelque génie la
miraculeuse trouvaille du diamant dans le poisson, alors
qu'il n'y a qu'une de ces manifestations quotidiennes de la
Providence, moins sourde et moins aveugle que les hommes
se plaisent souvent à l'affirmer.




   La nature et les choses visibles ne trouvent pas, chez
Pierre Dupont, un chantre moins épris et moins éloquent :
mais la nature, pour lui, sera toujours le miroir d'en-haut
et le poète donnera une âme à toute chose.

  Pour charmants qu'ils soient, ses paysages sont em-
preints de mélancolie, ses horizons un peu restreints, l'eau
y chante et la lumière s'y joue : on y reconnaît la campagne
lyonnaise, sillonnée de vallons étroits, aux coteaux rapides,
aux ombrages bas, vue et chantée par un enfant du terroir.