Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                 ET LE BARREAU LYONNAIS                      J

   Je ne crois froisser aucune susceptibilité légitime, en
disant que parmi les hommes distingués qui furent, durant
ce siècle, l'honneur du Barreau lyonnais, Paul Humblot
fut l'une des physionomies les plus originales et les plus
séduisantes, l'un des talents les plus élevés     Et comme
le zèle pieux de sa famille n'a pu retrouver ses plaidoyers,
souvent abandonnés aux hasards heureux de l'improvi-
sation, comme les plus attentives recherches n'ont pu
reconstituer son œuvre et garder même un vague reflet de
ses luttes oratoires et de leur éclat, j'ai pensé qu'il était
utile d'interroger les souvenirs avant que le temps ne les
 pâlisse, de demander à ceux qui l'ont entendu quelle fut
cette éloquence qui laissa dans la mémoire de tous, après
tant d'années, une émotion si profonde.


                             *
                            * *

   Paul Humblot appartenait à une famille de haute et
antique bourgeoisie du Beaujolais, retrouvant ses racines
bien loin dans le passé, et partageant avec la noblesse le
privilège des armoiries, famille de catholiques fervents, où
les convictions à travers les siècles se léguèrent avec le nom.
Humblot, qui plus que tout autre accepta cet héritage de
piété exaltée et sincère, éprouve assurément une sorte de
fierté domestique, lorsque dans ses « souvenirs de famille »,
il parle de deux religieux, ses grands-oncles, qui au xvie et
au xvu e siècle, surent se faire dans le clergé une place
respectée. Le premier, un minime, a laissé deux ouvrages
qui sont aujourd'hui de ces raretés que les bibliophiles se
disputent avec une avidité anxieuse et jalouse. Ils renferment
des oraisons funèbres et une dispute publique contre un