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74                          REVUE DU MOIS

   Aussi n'ai-je aucune commisération pour ceux de mes concitoyens
qui se plaignent des retards éprouvés dans la distribution des cartes. Mais,
tout en me dispensant de les plaindre, je puis leur donner un sûr avis :
les cartes déposées pendant les tout premiers jours de janvier sont les
dernières distribuées.
   En effet, la poste entasse cette sotte et encombrante correspondance
dans des sacs, qui sont eux-mêmes empilés dans les dépôts. Les em-
ployés tirent naturellement les sacs du dessus les premiers, et il serait
difficile qu'il en fût autrement. Ce qui fait que les premiers arrivés sont
les derniers partis.

   >K A ce jeu des petits papiers, je préfère de beaucoup la coutume de
tirer les Rois, ne serait-ce que pour empêcher l'usage de trinquer, de
tomber en désuétude.
   Dans les banquets, l'antique choc des verres est remplacé par des
toasts. A la vérité, le toast affecte parfois les formes d'un sonnet,
comme celui de Jean Sarrazin, au banquet des Touristes lyonnais.
Toutefois, j'estime qu'après dîner, l'heure est plutôt à la conversation
qu'aux discours.


  X Le concert donné au Casino, au profit des maisons de patronage
pour les apprentis, avait, comme toujours, réuni un public d'élite.
Planté, Wolf et M1Ie Blanche Deschamps ont tour à tour ravi les audi-
teurs, et la recette a dû sonner un finale très agréable aux oreilles des
charitables organisateurs.
   Le Cercle du Commerce a fait entendre M » Krauss à ses Sociétaires
et à ses invités, et la Société des Concerts du Conservatoire a brillam-
ment repris la série de ses auditions annuelles. Mais il est une manifes-
tation artistique d'ordre plus modeste, dont je veux dire un mot.


  X Tout Lyon connaît l'œuvre de'M. l'abbé Dubois qui nous a rendu,
restitués sous une forme plus moderne, les anciens mystères, première
éclosion de l'art scénique et lyrique dans nos sociétés modernes.
   Une des grandes difficultés est d'introduire de la variété dans un
cadre forcément restreint. Un autre écueil à éviter, c'est de trop
« machiner » un spectacle qui risque de perdre le meilleur de son
attrait, en perdant sa naïveté originelle.
   La naissance du Sauveur et son enfance sont un thème particulière-