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452         LE PROCÉDÉ MUSICAL DE R. WAGNER

sion. Cédons la parole à nos auteurs. Malheureusement la
longueur de l'excellent passage qui traite du « Leitmotive »,
nous oblige, à notre grand regret, de n'en citer que quelques
fragments : « Or, ces thèmes fondamentaux, l'auditeur devra
« les noter en sa mémoire pour les reconnaître au passage,
« sous peine de ne comprendre qu'à, moitié, car leurs
« fréquents retours servent à déterminer les lignes générales,
« à marquer les points de repère, à maintenir enfin l'unité
« de l'œuvre            La mélodie, dans l'acception ordi-
« naire du mot, est dès lors bannie en principe, son emploi
« et sa construction régulière n'ont plus qu'exceptionnel-
« lement de raison d'être, et deviendraient le plus souvent
« des obstacles        La mélodie wagnerienne se réduit à
« un contour suffisamment élastique pour se prêter à des
 « combinaisons multiples. Rarement, jamais même, elle
« n'atteindra huit mesures ; le plus souvent, elle ne com-
« prendra que quatre, trois, deux mesures, voire même
« une seule... (Page 248.)
    « Par ce qui précède, on peut se rendre compte de
«   l'importance du Leitmotive et comprendre comment
«   l'auditeur qui n'a pas la clef du mécanisme, ne doit
«   goûter que très imparfaitement les dernières partitions de
«   Wagner » (Page 256.)
    « ... Transformer le plaisir en étude, soumettre l'audi-
«   teur à une sorte d'entraînement préalable, qui doit
«   développer en lui un flair spécial et lui permettre de
«   découvrir avec moins de peine le sens caché des choses,
«   voilà ce qui nous fait demander avec Théophile Gautier
«   si la musique est un art plastique qui a la prétention de
«   remplacer le livre, » (page 256).

    Nous n'insistons pas sur la sévérité de ces critiques.