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                    DERIVES DU RHÔNE                     I3I

tires, un peu plus de 1/2 de ce qu'il pourrait arroser.
   D'ailleurs, peu importe les chiffres exacts : ce qui est
sûr, ce qui est attesté par tous les auteurs, et par tous les
documents officiels, c'est que les disponibilités des canaux
actuellement existants, sont loin d'être absorbées. 40 %
seulement sont utilisés dans le département de Vaucluse :
c'est la Société d'Agriculture de Vaucluse, qui le reconnaît.
47 % dans les Bouches-du-Rhône; c'est M. Barrai, ingénieur
spécialiste et autorité indiscutée, qui le déclare au congrès
de l'Association pour l'avancement des sciences ; c'est
M. le rapporteur de la chambre de Commerce de Lyon,
qui, après avoir pris de nouvelles informations,, signale la
même situation.
   C'est là une vérité acquise.
   Et cependant certains de ces canaux donnent l'eau à très
bas prix.
   Les abonnements coûtent 36 francs par hectare au canal
des Alpines; 23 francs au canal de la Crau-d'Arles; 13 francs
au canal de Craponne ; 9 francs aux canaux de Lénas, de
Cabannes et de Châteaurenard.
   Et plus de la moitié de l'eau disponible, ne trouve pas
de preneurs ;
   Pourquoi ? Vous le savez déjà : la routine, le morcelle-
ment de la propriété, les frais d'aménagement, la torpeur
rurale.
   Et c'est à ces départements qui ont de l'eau de reste, qui
ont de l'eau à bas prix, qu'on irait offrir encore de l'eau,
de l'eau à 78 francs, et de l'eau qui coûtera 120 millions à
l'Etat.
   Qu'on ne nous parle donc plus des canaux dérivés,
comme d'un bienfait pour l'agriculture, comme d'un sou-
lagement dû au pays de la soif.