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274 RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES LETTRES | DE MONSIEUR DE *** | sur un livre j qui a pour titre | Traduction entière | de Pétrone | suivant le nouveau manuscrit | trouvé à Bellegrade en 1688. Pour fleuron, un encadrement renfermant trois fleurs de lis opposées, et au milieu le mot non. A Cologne, | chez Pierre Groth. Un long trait renforcé aux deux extrémités. M . D C . XCIV. In-12. 5 ff. prélim. 252 pp. A l'exemple de sa victime, le critique grenoblois a usé des bénéfices de l'anonyme et de l'impression clandestine. Ces désignations de nom et de lieu sont sans valeur ; le livre est, en réalité, un produit des presses de J. Verdier, imprimeur à Grenoble. L'auteur affirmant que la traduction de Nodot sort des ateliers de Verdier, on doit conclure, de la ressemblance matérielle existant entre la critique et la traduction, à une communauté d'origine. En effet, le mot typique non se retrouvera dans le premier volume de la traduction in-12 ; le trait renforcé, les lettres ornées et entourées de fleurs grossières, le papier ne différeront point. En résumé, il y a, entre ces volumes, un air de famille. Les lettres de M. D*** sont tirées sur papier à filigranes variés : fleur de lis, signes P. B., dauphin couronné (10), disposés à l'aventure. La pauvreté voulue de l'auteur suffi- (10) Le filigrane au dauphin couronné était alors une marque spéciale aux fabriques de papier du Dauphiné, dont les principales étaient, en 1698, à Crest, Vienne, Saint-Donat, Saint-Vallier, Chateaudouble, Paviot et Voiron. Cependant les papeteries piémontaises ont aussi employé un dauphin, mais sans couronne. Le voisinage de la frontière et les bénéfices de la contrebande suffisent à expliquer ce choix.