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L'ŒUVKE DE PIERRE DUPONT 37I est même pris d'envie de s'associer à eux, lorsqu'ils pro- clament que L'amour est plus fort que la guerre, et nul ne saurait blâmer leur douce philosophie, quand ils s'unissent pour boire et chanter à la ronde, En attendant qu'un meilleur vent Souffle du ciel ou de la terre. Il est une autre pièce, le Sauvage, où l'auteur met en scène un enfant de la nature, que nous soupçonnons d'avoir lu Jean-Jacques Rousseau. N'était même la date de la chanson, on croirait qu'il a médité certaines parties des œuvres de Le Play. Tout examiné, cet aimable sauvage prêche une doctrine, parfois très orthodoxe, lorsqu'il dit qu'il faut aimer dans tout homme un frère; parfois plus étrange que dangereuse, quand il nous veut persuader d'aller vivre sous la tente et qu'il semble croire que la terre produit d'elle-même des fruits savoureux dont l'homme peut se nourrir. Mais nous n'aurons pas à chercher longtemps à quelle école appartient le prêcheur. Il se dévoile, à la dernière strophe, et nous reconnaissons aisément sous le masque du sauvage, l'innocent rêveur qui termine ainsi sa tirade philosophique ou plutôt mystique : Couples aimants, couronnez-vous de roses ! Artistes saints, coupez le vert laurier! Plus d'envieux et plus de fronts moroses : Allons au ciel par l'amoureux sentier ! Ce n'est pas encore cette proclamation qui mettra le feu aux quatre coins du monde,