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362              L'Å’UVRE DE PIERRE DUPONT

  Mais avec quel charme et quel amour ! Etendu « dans la
grande herbe », il nous traduit la Chanson des prés :

            Le vent dans les chalumeaux verts,
            L'insecte dans les fleurs mi-closes,
            Chantent et modulent des airs
            Dont pâmeraient les virtuoses.

            Entendez- vous au creux du val
            Ce long murmure qui serpente?
            Est-ce une flûte de cristal ?
            Non c'est la voix de l'eau qui chante.


   Le chansonnier n'a garde d'oublier sa vigne et, prêtant
à la souple et frêle plante les grâces et les beautés de la
femme, il proclame que la vigne,
                  C'est une fiancée
            Qui fait craquer son corset vert.

  Si nous le suivons au bois, il nous montrera la paysanne
cueillant la fraise :
            Rouge au dehors, blanche au dedans,
            Comme les lèvres sur les dents,

ou bien les rêveurs et les amants effeuillant ces petites fleurs
bleues et blanches qui sèment les tapis au pied des chênes :
            Douces à voir, ô véroniques !
            Vous ne durez qu'une heure à deux,
            Fugitives et sympathiques
            Comme des regards amoureux.

  Après avoir ainsi transfiguré les choses inanimées et évo-
qué la vie en elles, il empruntera par un juste retour, — et