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I.'ŒUVRE DE PIERRE DUPONT 363 toujours avec autant de bonheur,— des images aux champs pour nous peindre ses héroïnes. En voici une, Blanche et rose à la fois, Comme une églantine du bois ; d'une autre, il nous dit : Imaginez qu'elle était blanche et pure, Vrais lis des bois dans nos murs transplanté ; d'une fillette élevée par des braconniers : Branche de pommier franc greffée Sur la tige d'un sauvageon ; ailleurs, un garçon de moulin, songeant à son amie, la voit Fine comme un bouleau. Ses yeux ont la couleur de l'eau, tandis que le poète, qui semble trahir en maint endroit ses préférences pour les beautés blondes, « aux yeux de per- venche », rencontrera néanmoins, en chantant la Brune, ce trait délicieux : La nature a filé sa grâce Du plus pur fil de ses fuseaux. Et si ces portraits sont d'un vrai poète, ils sont bien aussi d'un véritable amoureux, respectueux de la beauté de la femme, adorant en elle le mens divinior, dont les Gaulois, nos pères, se plaisaient à reconnaître la présence sous cette fragile enveloppe.