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 ce que Maine de Biran a laissé de plus fort, après son Essai sur les
fondements de la psychologie. C'est là que l'auteur soutient que la psycho-
logie doit s'inquiéter surtout des substances et des causes qui sont insé-
parables des phénomènes eux-mêmes. Il résulte aussi de ce travail que
Maine de Biran avait professé successivement quatre philosophies diffé-
rentes, au lieu de trois seulement, comme on l'avait cru jusqu'à ce
jour. M. Bertrand a fait précéder ces œuvres inédites d'une introduc-
tion qui est digne du livre et de son importance.

   Séance du 21 février 1S88. — Présidence de M. le docteur Teissier.
— M. Guimet fait hommage à l'Académie du dernier fascicule de la
Revue de l'histoire des religions, qui renferme un travail fort intéressant
de M. Lafaye, intitulé : Les découvertes en Italie. — M. Vachez présente,
au nom de M.. Flouest, membre correspondant, deux brochures : Les
tumulus de Montsaugeon, et le dieu Gaulois au marteau. — M. Beaune
fait aussi hommage d'une Notice intitulée : Pierre Paillai, imprimeur et
historiographe bourguignon.
   M. Bonnel lit un travail de M. Berlioux, empêché, sur les Khétas ou
Chétas. L'existence de ce peuple est démontrée par de nombreux monu-
ments, formant trois groupes distincts : ceux de la Syrie du Nord, ceux
de la Cappadoce et ceux de l'Asie-Mineure occidentale, et portant tous
des inscriptions dont les caractères sont identiques. D'autre part, les
peuples ayant vécu dans ces contrées, à l'époque où ces monuments
ont été élevés, sont appelés Chetas ou Khetas par les Egyptiens, Chatti
par les Assyriens et Hétéens par la Bible. En France, la question a été
traitée par M. Perrot dans son Histoire de l'Art; en Angleterre, par
M. Sayce et le capitaine Conder ; en Allemagne, par M. Hirschfeld,
professeur à Kcenigsberg. Mais, faute d'avoir suffisamment étudié les
textes classiques, tous ces savants se sont égarés sur quelques points.
C'est dans la Bible et dans les auteurs grecs et latins que l'on trouve
le nom et la place de ces populations. En outre, les monuments sur.
lesquels ils figurent, accusent deux types bien distincts; d'une part, les
Hétéens de la Syrie, appartenant à la race Chamite, comme les Egyp-
tiens ; d'autre part, ies Khétas, appartenant à la race des Scythes et qui
ont dominé pendant quinze siècles dans l'Asie occidentale. C'est ce
dernier peuple qui passa ensuite dans l'Asie centrale, où il a laissé son
nom au pays de Khotan et aux Mongols Chatai ou Khatai. Quand ces
derniers eurent conquis la Chine, ce grand empire prit ainsi le nom de