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SOCIÉTÉS SAVANTES 305 ce que Maine de Biran a laissé de plus fort, après son Essai sur les fondements de la psychologie. C'est là que l'auteur soutient que la psycho- logie doit s'inquiéter surtout des substances et des causes qui sont insé- parables des phénomènes eux-mêmes. Il résulte aussi de ce travail que Maine de Biran avait professé successivement quatre philosophies diffé- rentes, au lieu de trois seulement, comme on l'avait cru jusqu'à ce jour. M. Bertrand a fait précéder ces œuvres inédites d'une introduc- tion qui est digne du livre et de son importance. Séance du 21 février 1S88. — Présidence de M. le docteur Teissier. — M. Guimet fait hommage à l'Académie du dernier fascicule de la Revue de l'histoire des religions, qui renferme un travail fort intéressant de M. Lafaye, intitulé : Les découvertes en Italie. — M. Vachez présente, au nom de M.. Flouest, membre correspondant, deux brochures : Les tumulus de Montsaugeon, et le dieu Gaulois au marteau. — M. Beaune fait aussi hommage d'une Notice intitulée : Pierre Paillai, imprimeur et historiographe bourguignon. M. Bonnel lit un travail de M. Berlioux, empêché, sur les Khétas ou Chétas. L'existence de ce peuple est démontrée par de nombreux monu- ments, formant trois groupes distincts : ceux de la Syrie du Nord, ceux de la Cappadoce et ceux de l'Asie-Mineure occidentale, et portant tous des inscriptions dont les caractères sont identiques. D'autre part, les peuples ayant vécu dans ces contrées, à l'époque où ces monuments ont été élevés, sont appelés Chetas ou Khetas par les Egyptiens, Chatti par les Assyriens et Hétéens par la Bible. En France, la question a été traitée par M. Perrot dans son Histoire de l'Art; en Angleterre, par M. Sayce et le capitaine Conder ; en Allemagne, par M. Hirschfeld, professeur à Kcenigsberg. Mais, faute d'avoir suffisamment étudié les textes classiques, tous ces savants se sont égarés sur quelques points. C'est dans la Bible et dans les auteurs grecs et latins que l'on trouve le nom et la place de ces populations. En outre, les monuments sur. lesquels ils figurent, accusent deux types bien distincts; d'une part, les Hétéens de la Syrie, appartenant à la race Chamite, comme les Egyp- tiens ; d'autre part, ies Khétas, appartenant à la race des Scythes et qui ont dominé pendant quinze siècles dans l'Asie occidentale. C'est ce dernier peuple qui passa ensuite dans l'Asie centrale, où il a laissé son nom au pays de Khotan et aux Mongols Chatai ou Khatai. Quand ces derniers eurent conquis la Chine, ce grand empire prit ainsi le nom de