page suivante »
306 SOCIÉTÉS SAVANTES Catai, sous lequel il est désigné par Marco Polo et encore aujourd'hui par les Russes. M. Guimet fait observer que l'invasion de la Chine par les Khétas est confirmée, en effet, par les observations de plusieurs savants et notamment par MM. Terrien de la Couperie et Houssay. M. Humbert Mollière observe, à son tour, qu'il résulte des observa- tions de MM. Perrot et Chipiez que l'alphabet scythique ressemble assez bien primitivement à l'alphabet grec, mais que, plus tard, au deuxième siècle avant notre ère, le second ban de l'invasion aurait adopté un autre alphabet. M. l'abbé Guinand pense, au contraire, que la langue employée en Cappadoce n'a pu être la même que celle des Acadiens, peuple primitif de la Babylonie, Ce sont là deux races différentes. Si les Touraniens sont les inventeurs de l'écriture cunéiforme, l'écriture alphabétique a été empruntée aux Grecs. M. H. Mollière répond que l'on peut tout concilier, en supposant deux invasions successives, avec l'emploi d'une écriture différente, par chaque peuple envahisseur. Séance du 28 février iSSS. — Présidence de M. le docteur Teissier. — Le vingt-quatrième volumevdes Mémoires de la classe des Lettres est distribué aux membres de l'Académie. — Lecture est donnée d'une lettre de M. Laussédat, président de la Société française pour l'avance- ment des Sciences, qui annonce que la prochaine session de la Société sera tenue à Oran, et invite l'Académie à se faire représenter par un délégué. M. Gobin est délégué, à cet effet, par M. le Président. M. Humbert Mollière communique une note publiée dans le numéro du 25 février 1888 de la Province médicale, et ayant pour titre : Expli- cation de l'immunité dont jouissent les goutteux par rapport à la tuberculose. Le savant médecin de la Charité, à Paris, M. Pidoux, avait déjà reconnu que la tuberculose ne se développait que très difficilement chez les goutteux, sans en signaler la cause. Après avoir constaté de nombreux exemples de ce fait, M. H. Mollière s'était demandé d'abord si cette immunité ne résultait pas de l'action de l'urate de soude et de l'acide urique sur le développement du bacille de Koch. Mais la particularité suivante l'a mis depuis sur une autre voie : les arthritiques et les goutteux suppurent très difficilement. Or, ce fait semble donner la clé du problème, car il en résulterait que l'invasion du bacille de la tuber-