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              D'ARLES A SAINT-LOUIS-DU-RHONE               295

   D'un coup d'ceil on embrasse, du sommet de ce monu-
ment, un immense panorama limité à l'est et au sud par la
pleine mer et le canal qui, sur une longueur de trois kilo-
mètres et demi, se dirige en ligne droite à l'est pour
aboutir dans la Méditerranée, à l'anse dite du Repos.
L'embouchure de ce canal est protégée par une jetée de
 1,700 mètres, à l'extrémité de laquelle se trouve le phare
maritime moderne, dont le feu porte à dix milles; à gauche,
le vaste étang du Gloria enclavé dans la commune de Fos
et à droite, le Rhône, qui coule rapide vers le barrage
naturel que la mer lui oppose. Tout cela forme un spectacle
vraiment magnifique. Les travaux d'art qui le complètent
font le plus grand honneur à l'éminent ingénieur, M. H .
Peut, qui a résolu, à merveille, le problème ardu de la
navigabilité du Rhône jusqu'à la mer.
   Toutes les difficultés et tous les obstacles avaient été
prévus et ont été vaincus avec un rare bonheur. La France
est dotée, de Lyon à la mer, d'une des plus belles voies
navigables qui soient en Europe.
   La porte de ce fleuve capricieux, que Vauban qualifiait
d'incorrigible, a été forcée, et les bateaux du plus fort ton-
nage entrent et sortent avec la plus grande facilité.
   Sur le crédit de 45 millions que la loi de 1878 avait
ouvert pour l'amélioration du Rhône, un grand nombre
(35 millions), ont été dépensés, mais si judicieusement,
que déjà cette voie fluviale, qui avant ces travaux, faisait
subir, chaque année, à la batellerie des chômages de trois à
quatre mois par an, assure maintenant aux grands steamers
de la Compagnie générale, une navigation permanente.
   Un chenal endigué de 60 mètres de largeur au milieu du
Rhône, variant naturellement de profondeur suivant les
saisons, mais avec un tirant d'eau toujours suffisant, même