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256 D'AVAUX ET SERVIEN que des fleurettes ( n ) , je serais très inconsidéré de vous oster la parole, outre que vous y avez trop de plaisir et vous en acquitez trop bien; vous estes le premier et elle vous appartient (12). » Et Servien de mettre en doute l'utilité du latin qu'il connaît moins bien que d'Avaux, comme il a déjà nié la nécessité de l'allemand qu'il ne connaît pas du tout... « Vous estimez qu'il faut respondre en latin... afin que chacun soit forcé d'admirer le grandis- sime avantage que vous avez sur tous les hommes dans la connoissance de la langue latine... mais, certes je ne croy pas aujourd'huy que la délicatesse de la langue latine doive être notre principale obligation... Croyez-moi, Monsieur, ne faisons point de parade de nostre latin... j'ayme mieux, quand les affaires courantes nous donnent du relasche, feuilleter les anciens traitez... que d'estudier Juvénal ou les épistres de Cicéron (13). » Mais « vostre principal soin n'est d'estre environné de flatteurs qui vous repaissent de fausses louanges (14). » Les traits que Servien décoche à d'Avaux ne s'adressent pas seulement à son esprit, à sa science, à son caractère, à son entourage ; ils visent encore sa figure : « Croyez-moi, Monsieur, n'en venons pas à la mine ; c'est Dieu qui la donne comme il luy plaist; je reconnais que j'ay fort mau- vaise façon et que les grâces assistèrent à l'accouchement de Madame vostre mère quand elle vous mit au monde (15).» (11) En latin! (12) P . 107. (13) P . 187-188. (14) P . 112. (15) P. 94-