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                            REVUE DU MOIS                                75
ment favorable ; la légende s'y meut à l'aise, et le spectateur se prête
complaisamment aux mille inventions que suggèrent la piété et l'ima-
gination. Cette partie du drame sacré offre encore l'avantage de mettre
en scène les enfants et de répandre sur l'action le charme propre au
jeune âge.
   Ils sont charmants, les petits personnages de la Crèche, et lorsqu'ils
s'avisent de prêcher l'auditoire, le plus récalcitrant doit se sentir entamé.
S'il faut, du reste, croire un très ancien proverbe, il n'est de meilleur
sermon que celui d'un jeune curé.
   C'est dans la simplicité des moyens et dans une certaine sobriété de
mise en scène qu'il convient de chercher le succès de ces représentations.
Employer les effets et les trucs de féerie serait, à mon sens, une erreur :
c'est s'éloigner de la tradition primitive et vouloir lutter avec les grandes
entreprises théâtrales, sur un terrain où les machinistes de M. Dubois
ne seront pas les plus forts, d u e les personnages de ses noëls, comme
dans la comédie de société, jouent plutôt devant un simple paravent,
et sur une scène munie du minimum d'accessoires indispensables. Il est
des beautés qui n'ont rien à gagner à l'emploi de certains artifices de
toilette.

   >K Ce n'est point dans la catégorie des embellissements critiquables,
que nous devons ranger les dégagements projetés pour notre vieille
église primatiale. Débarrassé des constructions parasites qui étaient une
honte pour le chevet et la partie septentrionale de la basilique, Saint-
Jean sera cerné par une barrière de fer.
  Peut-être restera-t-il à lui donner un gardien pour protéger le monu-
ment, à l'extérieur, de certaines souillures dont les baraques démolies
avaient au moins le mérite de le défendre.
  A quand le tour de Saint-Nizier et de Saint-Bonaventure, dont les
boutiques sont scandaleusement ouvertes pendant la journée du diman-
che ? C'est le secret des dieux — dit minores.


  >K C'est aussi le secret des dieux — àii majores — que l'endroit où
sera installée l'école militaire de médecine. Toutes les villes de pro-
vince, en possession d'une faculté de médecine, se disputent l'établisse-
ment projeté. Ni les arguments ni les millions ne font défaut; Lyon
paraît surtout avoir ce qu'il faut pour plaider efficacement ; mais les
destins ont parfois de si étonnantes décisions !