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8                      PAUL HUMBLOT

 pasteur protestant qui avait défié l'archevêque de Lyon
 dans un tournoi théologique. Le prélat ne pouvant com-
 promettre la dignité épiscopale dans les ardeurs de cette
lutte, prit pour champion le minime, qui, après un combat
 de deux jours, véritable triomphe oratoire, resta maître du
champ de bataille. Le second, qui fut docteur en Sorbonne,
prit une part brillante dans l'ardente discussion que souleva
la déclaration du clergé, et par son opposition courageuse,
déplaisant au Roi, mérita l'honneur d'un exil. — « Ce n'est
pas sans une joie profonde, ajoute Humblot, que je rencontre
dans la famille de nos pères ces témoignages d'inviolable
attachement à la sainte foi catholique. Je me dis que nous
devons peut-être à ceux de qui nous tenons ces exemples,
d'avoir vu les mêmes sentiments se perpétuer dans l'âme de
leurs neveux. » Il disait vrai. — Mais il y avait plus encore
que les exemples. Ce ne sont pas seulement ces traditions
fidèles et les respects de l'enfance qui préparent l'esprit et
le cœur d'un homme. L'hérédité porte en elle un germe
mystérieux qui, à travers les générations, continue et
prolonge l'âme de la race. Si, dans les familles, on retrouve
avec les aïeux d'étranges analogies physiques, on reconnaît
plus frappantes encore les ressemblances morales. Les
convictions naissent au cœur, comme le sang coule dans
les veines, fatalement !... Eh l'on peut dire que Paul
Humblot fut bien le descendant religieux des deux moines.
   Sans remonter, d'ailleurs, le cours de deux siècles pour
retrouver les vagues influences de cet atavisme lointain, le
spectacle le plus fortifiant reposait chaque jour les regards
de l'enfant. Il grandissait au milieu de parents catholiques
et royalistes, suivant avec bonne grâce la marche de leur
siècle. Dans le calme monotone des petites villes qui
rapproche en des liens plus intimes tous les êtres de la