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286 LA DIPLOMATIE FRANÇAISE EN ORIENT.
acquitter à la satisfaction du roi, tout en gagnant les bonnes
grâces du Sultan. Il était donc naturel que Laforest, au lit de
mort, le désignât entre tous les officiers de l'ambassade
comme celui qui était le plus avant dans sa confiance el se
montrait le plus capable de continuer sa mission. Ce fut
comme chargé d'affaires que Marillac prit en main la gestion
de l'ambassade, honneur qu'il justifia pleinement dès les pre-
miers jours de son entrée en fonctions.
Après la levée du siège de Corfou, l'escadre française avait
passé tout l'automne en croisière dans le voisinage de Patras,
puis élait venue hiverner dans l'archipel où Barberousse guer-
royait contre les dernières possessions de Venise. Menacé
par les mauvais temps, dénué d'argent et privé de nouvelles
de France, Saint-Blancart, a bout d'expédients pour subvenir
aux besoins de ses matelots, se trouvait dans une extrême
perplexité. Alors l'idée lui vint de gagner Constantinople el
de se placer sous la protection du représentant de sa nation.
Précisément Marillac élait dans la capitale à l'arrivée de
l'escadre française. Sans s'émouvoir des difficultésjnhérenles
à sa position intérimaire, il se présente au sultan, expose
que c'est pour le service de la Porte que le baron de Sainl-
Blancart s'est rendu sur l'ordre du roi dans les eaux de
l'Archipel, et qu'on ne peut en conséquence refuser de lui
venir en aide. « S. M. T. C , ajoute-t-il, appréciera digne-
ment ce service, el, d'ailleurs, la bonne foi du Sultan ne
doit-elle pas se réjouir d'une Occasion qui appelle les Turcs Ã
faire les premiers l'application du récent traité passé entre
S. H. et le roi, puisque ce traité dit formellement que les
navires des deux puissances pourront se ravitailler dans les
ports de l'une et de l'autre. »
Ce dernier argument était sans réplique et plaçait le Sultan
dans l'obligation démontrer de quelle manière il entendait in-
terpréter les conventions. Autant par grandeur d'âme que pour