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            LA DIPLOMATIE FRANÇAISE EN ORIENT.                287

faire montre de sa puissance et de ses ressources, Soliman
accueille gracieusement la requête qui lui est faite, proteste
de son respect pour la foi jurée, et donnant au traité son
interprétation la plus large, ouvre ses arsenaux a l'amiral
qu'il autorise à prendre tout ce qui lui est nécessaire. Sa
générosité va jusqu'à mettre des ouvriers et des soldats à la
disposition du lieutenant de son allié.
   La question du ravitaillement était donc résolue, mais il
en restait une non moins grave et peut-être plus épineuse
encore, puisqu'on ne pouvait cette fois arguer du traité ; c'é-
tait celle de la solde des troupes; les prêteurs ne manquaient
pas, mais ils exigeaient des garanties, et la signature d'un
agent de France, si recherchée aujourd'hui sur toutes les
places du monde, avait à cette époque peu de cours dans les
bazars de Conslantinople. Marillac ne se désespère pas. Tan-
dis que son compatriote procède aux opérations de ravitaille-
ment sur les chantiers du Sultan , il va trouver Barberousse
dont il pique la vanité par le récit des libéralités de Soliman,
et en obtient une caution de 10.000 ducats d'or.
   Grâces à ces secours venus si a propos, Saint-Blancart
se trouvait au bout de quelques mois en état de reprendre la
mer, mais sur ces entrefaites arriva la nouvelle de l'entre-
vue de Nice où. Gharles-Quinl et François , sollicités par le
Saint-Père , s'étaient entendus pour la trêve , et le même
courrier apporta l'ordre qui rappelait la flotte. Quelques
jours après, les galères françaises quittaient les eaux du
Bosphore et faisaient voile pour Marseille.
   A la faveur du répit que lui laissait le départ du baron
de Saint-Blancart, Marillac se livra avec plus d'abandon à
ses penchants pour la science, et se mit en quête de manus-
crits et d'antiquités dont il tenait à doter les collections roya-
les. Tout étranger qu'il fût à l'art militaire, il avait un goûl
très-prononcé pour les armes de luxe, et plusieurs lettres