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contraire, homogène d'individualité, d'esprit national, de disci-
pline et de direction aurait une évidente supériorité morale
sur ses adversaires.
Ces premiers éléments de succès seraient augmentés et for-
tifiés par l'arrangement des faits qui concorderaient pour
présenter des chances favorables à la France.
L'agression injuste à laquelle notre pays serait en butte ex-
citerait l'indignation et l'enthousiasme des Français ; mais elle
serait sans doute blâmée par les nations mêmes qui seraient
entraînées à y prendre part. 11 faut bien distinguer entre les
nations et leurs gouvernements. H y a trop souvent juste mo-
tif de dissentiment entre l'opinion publique d'un peuple et ses
actes officiels; et l'on ne saurait mettre en doute qu'une guer-
re suscitée contre la France dans l'intention de lui imposer
honte et ruine et de la faire descendre du rang qu'elle occupe
parmi les nations civilisées , obtiendrait peu de sympathie de
la part des peuples, dont l'intelligence est assez avancée pour
comprendre que la France est le guide et le soutien de la ci-
vilisation et de la liberté.
Celte disposition jetterait sans doute une certaine hésitation
et une certaine mollesse dans l'attaque , tandisque la défense
n'en serait que plus énergique. C'est ici le cas d'examiner
comment ces dispositions favorables pourraient être loyale-
ment exploitées dans l'intérêt simultané de la France et de la
socialité.
On a souvent et beaucoup parlé du secours que la France
pourrait trouver dans la propagande , et l'on ne s'est peut-
être pas encore assez entendu sur la définition de ce système
sur lequel beaucoup de jugements sont prononcés sans qu'on
l'ait bien examiné et approfondi.
La propagande n'est pas et ne doit pas être l'imposition bru-
tale d'un mode de gouvernement, ou l'obligation impérieuse
de subir telle ou telle organisation politique. La propagande
est un système de socîalité et de moralisalion, de conciliation
et de perfectionnement qui doit agir par les voies amiables de