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toutes les lois de la guerre ? Les Lyonnais furent près*
que tous massacrés. Le malheureux Servan, couvert de
blessures, fut transporté au camp de la Guillotière, où le
farouche Dubois-Crancé le fit impitoyablement fusiller. Et
cela se passait à peu près dans le même temps où le général
républicain Nicolas, surpris à Saint-Anlhètne au milieu de
ses hussards, était conduit à Lyon avec tous les égards dus
au courage malheureux !
   A la nouvelle de cet échec, la consternation fut grande à
Saint-Etienne. Les Lyonnais se disposèrent à évacuer la ville.
Dès le 28 août, au matin, des groupes menaçants se formaient;
la montagne Sainte-Barbe se couronnait d'ouvriers armés ;
le tocsin se faisait déjà entendre ; plusieurs coups de feu
furent tirés et des Lyonnais atteints; des barricades se for-
mèrent pour couper la retraite. Tout annonçait une catas-
trophe imminente. Le maire Praire-Royet fit un dernier
appel à la garde nationale, qui celte fois fut sourde à sa voix. Il
se démit donc de ses fonctions avec trois de ses collègues, Der-
vieux, Peurière et Legouvé (1), par une lettre ainsi conçue :
    « Citoyens, nos collègues,
    t e s circonstances dans lesquelles se trouve la ville de Saint-Etienne, l'é-
 garement du peuple qui méconnaît la loi de ses magistrats, qui méprise
 leurs arrêtés, tout nous fait un devoir de nous retirer.
    Des êtres égarés ou pervers, payés peut-être par nos ennemis, pour mettre
 la division entre les citoyens et nous livrer ensuite aux puissances étrangères
 qui envahissent de toutes parts le territoire de la république, ont calomnié
 nos intentions. Ils menacent ouvertement les jours de ceux des magistrats
 du peuple qui étaient plus particulièrement chargés de l'administration : se
 soustraire aux poignards des assassins ne peut-être considéré de leur part
 comme un acte de faiblesse lorsque la prudence l'exige.
    Citoyens, nos collègues, il nous coûte infiniment de nous séparer de vous:
 nous désirons que vous soyez plus heureux que nous dans l'administration
 des intérêts d'un peuple que nous portons toujours dans notre cœur et qui,
 nous l'espérons, ne tardera pas à nous rendre la justice que nous n'avons
jamais cessé de mériter. Daignez agréer notre démission. »

  (!) Ce dernier était l'oncle de l'auteur du Mérite des Femmes.