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386 NOTES RÉTROSPECTIVES des chefs-d'œuvre dont il nous a donné un mince reflet — jusqu'au dernier rapin ayant exposé le portrait de son concierge, ne m'a paru mériter une attention spéciale, ou du moins des éloges sans réserve, si ce n'est une petite fillette en blanc, peinte avec un brio exquis par Mlle Koch, et un profil d'enfant aux cheveux châtains, très heureuse- ment enlevé au pastel sur papier gris, par M. Sicard, deux esquisses qui sont tout à fait charmantes. Serait-ce un portrait, cette Joueuse de tambourin, au teint brun, aux larges narines, à la bouche sensuelle et ferme, dont les cheveux noirs créspelés sont cerclés d'un foulard orange? Je ne sais trop, mais, portrait ou étude,' cette simple figure de bohémienne dans sa grâce sauvage et fière, brutale et vivante, était l'une des perles du Salon, perle noire si l'on veut, mais perle admirablement sertie par son auteur, M. Saint-Pierre. Vous parlerai-je des Fillettes de M. Durst ? Au premier abord, ces quatre petites filles en robes grises, au blanc tablier de toile grossière, coiffées de la disgracieuse ser- rette des enfants des campagnes, assises sur les brancards d'un énorme fardier, cela n'avait rien d'attrayant. Puis, à y mieux regarder, on trouvait dans ces traits enfantins plus de charme et plus de vérité que l'on en avait d'abord soupçonné dans leurs façons naïves de fillettes des champs ; plus de finesse que l'on en avait aperçu, dans l'expression de leurs braves petites figures goûtant un plaisir simple et une joie innocente à s'asseoir en l'air sur un perchoir impro- visé et à y balancer leurs jambes d'un mouvement machinal. Le seul reproche que mérite M. Durst, c'est de n'avoir pas réduit son tableau de moitié.