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278             RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES

 écrit sous le nom de M. de *** pour se déguiser; mais nous
 savons qu'après avoir fait quelques tours de souplesse dans
 le monde, il a quitté ce nom pour en prendre un plus véné-
 rable, mais je prévois qu'il ne le gardera pas longtemps, ou
 du moins qu'il sera obligé de changer d'air, à cause d'une
 historiette qui lui est arrivée, assez semblable à une des
 aventures d'Encolpe ; quoiqu'on ait pris soin de la sous-
 traire à la connoissance de ses supérieurs... L'on a appris
 que Fauteur est né en Bretagne, et qu'ensuite il est allé en
 Savoye et en Dauphiné pour se perfectionner dans la langue
 françoise ; mais le Savoyard, enté sur le Bas-Breton, ne
 donne pas droit de décider sur la langue... Je ne l'ay jamais
vu et n'ay jamais entendu parler de luy que depuis peu.
 Ce n'est pas là le caractère d'un Religieux, ny même d'un
honneste homme... »
    Ce simple aperçu du style de Nodot explique suffisam-
ment la médiocre estime dont il jouissait en haut lieu.
 « Voulant, dit-il, obtenir le privilège d'imprimer, je trou-
vai au Sceau un refus ouvert. Je remontrai que les ouvrages
de mes antagonistes paroissant avec permission, la même
grâce ne pouvoit estre refusée au mien ; mais tout ce que
j'alléguai ne put vaincre le refus. » Cette autorisation lui
fut pourtant accordée en 1700, grâce au nouveau chance-
lier, M. de Pontchartrain. L'extrait du privilège ne men-
tionne point, et pour cause, la traduction de Pétrone.
   Avant de lancer dans le public sa traduction entière,
Nodot, fit composer, à Grenoble, quelques exemplaires,
soigneusement expurgés, comprenant seulement certains
morceaux détachés du poème. Ces exemplaires, peu nom-
breux et fort rares, sont les seuls officiellement reconnus
par l'auteur, les seuls portant sur le titre le nom de Nodot.
Destinés aux personnes qu'aurait effarouchées la Satyre