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port sur les titres et les valeurs représentant le capital des prix décernés
par l'Académie. Le rapporteur fait connaître notamment que le capital
de ces fondations, créées antérieurement à l'impôt de 3 % sur les
valeurs mobilières, ne produit plus aujourd'hui, pour plusieurs d'entre
 elles, un revenu égal au chiffre des prix fixés par leurs fondateurs. En
conséquence, la Commission des finances a été d'avis, qu'à l'avenir les
 pris décernés ne pourront excéder l'actif disponible au moment de
l'ouverture des concours. — Ces conclusions sont adoptées par l'Aca-
démie.
    M. Jacques Millevoye, avocat à la Cour d'appel, autorisé à faire une
lecture, est introduit. — Après avoir rappelé que M. Millevoye, fils de
l'ancien premier Président à la Cour d'appel, est le petit-fils du poète
Millevoye, qui fut lauréat et membre correspondant de l'Académie,
M. le Président donne la parole à l'orateur qui lit une étude biogra-
 phique intitulée : Paul Humblol et le Barreau lyonnais. Paul Humblot,
l'un des talents les plus élevés du Barreau lyonnais, appartenait à une
famille de haute et ancienne bourgeoisie du Beaujolais. Après avoir fait
 au Petit Séminaire de l'Argentière des études solides, il alla étudier le
droit à Paris, en 1825. Revenu à Lyon, il se fit inscrire au Barreau, où
 il garda toujours une placé respectée. Humblot n'était pas seulement
 un orateur brillant, un improvisateur éloquent, qui se trouvait surtout
à l'aise dans les débats émouvants de la Cour d'assises; c'était aussi
un homme d'affaires consommé, un jurisconsulte habile. M. Millevoye
nous le montre au milieu de ses confrères disparus aujourd'hui, mais
dont le souvenir est demeuré impérissable au Palais. Il s'attache sur-
tout à faire revivre les portraits de Vincent de Saint-Bonnet, de Ram-
 baud, de Margerand, de Dattas, de Dubost et de Perras. En même
temps que l'avocat, il étudie le mystique et le chrétien. La conviction,
la croyance, la foi furent l'essence même de son talent. Si Humblot ne
se fût pas destiné au Barreau, il eût été un prédicateur de grande
renommée. A l'Académie, il aimait à apporter les fruits de ses médi-
tations, parmi lesquelles il faut citer sou étude philosophique : Liberté
et Tyrannie. On n'a point non plus oublié son discours de réception
consacré à l'éloge du premier président Gilardin. Devenu conseiller à
la Cour d'appel, Humblot fut un grand et vrai magistrat. Admis à la
retraite, il vivait retiré à la campagne, où il était devenu l'arbitre et le
conseil de tous les habitants du pays, quand la mort vint le saisir sans
le surprendre. A ses funérailles, où assistèrent tous ceux qui l'avaient