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SOCIÉTÉS SAVANTES 229 port sur les titres et les valeurs représentant le capital des prix décernés par l'Académie. Le rapporteur fait connaître notamment que le capital de ces fondations, créées antérieurement à l'impôt de 3 % sur les valeurs mobilières, ne produit plus aujourd'hui, pour plusieurs d'entre elles, un revenu égal au chiffre des prix fixés par leurs fondateurs. En conséquence, la Commission des finances a été d'avis, qu'à l'avenir les pris décernés ne pourront excéder l'actif disponible au moment de l'ouverture des concours. — Ces conclusions sont adoptées par l'Aca- démie. M. Jacques Millevoye, avocat à la Cour d'appel, autorisé à faire une lecture, est introduit. — Après avoir rappelé que M. Millevoye, fils de l'ancien premier Président à la Cour d'appel, est le petit-fils du poète Millevoye, qui fut lauréat et membre correspondant de l'Académie, M. le Président donne la parole à l'orateur qui lit une étude biogra- phique intitulée : Paul Humblol et le Barreau lyonnais. Paul Humblot, l'un des talents les plus élevés du Barreau lyonnais, appartenait à une famille de haute et ancienne bourgeoisie du Beaujolais. Après avoir fait au Petit Séminaire de l'Argentière des études solides, il alla étudier le droit à Paris, en 1825. Revenu à Lyon, il se fit inscrire au Barreau, où il garda toujours une placé respectée. Humblot n'était pas seulement un orateur brillant, un improvisateur éloquent, qui se trouvait surtout à l'aise dans les débats émouvants de la Cour d'assises; c'était aussi un homme d'affaires consommé, un jurisconsulte habile. M. Millevoye nous le montre au milieu de ses confrères disparus aujourd'hui, mais dont le souvenir est demeuré impérissable au Palais. Il s'attache sur- tout à faire revivre les portraits de Vincent de Saint-Bonnet, de Ram- baud, de Margerand, de Dattas, de Dubost et de Perras. En même temps que l'avocat, il étudie le mystique et le chrétien. La conviction, la croyance, la foi furent l'essence même de son talent. Si Humblot ne se fût pas destiné au Barreau, il eût été un prédicateur de grande renommée. A l'Académie, il aimait à apporter les fruits de ses médi- tations, parmi lesquelles il faut citer sou étude philosophique : Liberté et Tyrannie. On n'a point non plus oublié son discours de réception consacré à l'éloge du premier président Gilardin. Devenu conseiller à la Cour d'appel, Humblot fut un grand et vrai magistrat. Admis à la retraite, il vivait retiré à la campagne, où il était devenu l'arbitre et le conseil de tous les habitants du pays, quand la mort vint le saisir sans le surprendre. A ses funérailles, où assistèrent tous ceux qui l'avaient