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164 LALYAME, HENDRICY hT MIMERUL Dans celle de ses œuvres où son action a été indépen- dante, et cette œuvre est la plus importante à laquelle son nom reste attaché, on ne remarque ni dans la conception ni dans l'ordonnance du monument l'influence des sculp- teurs de Dijon. Non, Morel n'est pas un maître bourguignon, c'est un maître indépendant, c'est un maître absolument français. Nous connaissons quatre-vingt-cinq sculpteurs au xvie siècle ; aucun d'eux n'était Flamand. Cependant, c'est dans le premier tiers de ce siècle que, à peu de distance de Lyon, l'église de Brou a été érigée et que la décoration de pierre de l'église et des tombeaux a été exécutée par des ciseaux flamands. Au xviie siècle, les Flamands formaient à Lyon un groupe très uni : sur cent vingt sculpteurs, on en compte au moins dix, parmi lesquels les Sibrecq, Hannicq, van der Heyden et van Hoeyvorst. Quelque réputation, quelque autorité qu'ait acquise le foyer de travail entretenu à Dijon pendant près d'un siècle, quel qu'ait été le nombre des sculpteurs flamands en rési- dence ou de passage à Lyon, les maîtres lyonnais, dans l'ensemble, paraissent être restés indépendants ; les ouvrages de quelque époque qu'ils soient, doivent être rapportés, à raison de leur caractère général, à l'école française propre- ment dite. L'école de Dijon, flamande ou plutôt bourgui- gnonne, n'eut d'ailleurs de véritable force que pendant la période relativement courte de la tenue par les ducs de Bourgogne de leur cour à Dijon. Cette école était éteinte à la fin du quinzième siècle. Au temps où Marguerite d'Autriche demandait à Jean Perréal les plans de l'église et des tombeaux de Brou, c'est Michel Colombe, ce sont