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UN SONNET DE PÉTRARQUE J'vo piangendo i miei passati tempi. PÉTRARQUE. In morte di Laura, LXXXVI. J'ai trop erré, mon Dieu, loin de vos saintes voies ; J'ai perdu trop de jours en rêves mensongers, En stériles projets, en misérables joies, Fécondes en douleurs, en regrets, en dangers. Il est temps d'être sage enfin. L'heure s'avance; L'âge a blanchi mon front, l'âge alourdit mes pas. Sur le terme fatal je ne m'abuse pas ; Et vous êtes, Seigneur, mon unique espérance. Si quelques jours me sont ici-bas réservés, Que votre main d'en haut les règle et les dirige. Je ne veux plus du monde et de son vain prestige ; C'est vous seul que je veux, mon Dieu; vous le savez. Et quand, au lit de mort, le terrible passage Fera frémir ma chair, au moment solennel. Que votre main encor soutienne mon courage ; Qu'elle emporte mon âme au séjour étemel. H. H.