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 402               LE GOVJRGUILLON AU XlU e SIÈCLE.
 suite dans le cloître des chanoines de Saint-Just, situé entre la
 porte actuelle de Saint-Just et le quartier de Saint-Irénée. C'é-
 tait une résidence vaste et luxueuse , qui servait de logement
 aux rois de France quand ils passaient par Lyon. La basilique
 des Macchabées, illustre par ses souvenirs, par ses reliques et sa
 somptuosité, occupait le centre du cloître. Hélas ! à peine trouve-
t-on aujourd'hui quelques vestiges de cette antique magnificence.
Le souffle des révolutions religieuses a tout renversé, Les fana-
tiques ont démoli ; les hommes d'affaires ont vendu les marbres,
les porphyres, les reliquaires et toute la précieuse orfèvrerie que
l'on montrait au peuple dans les fêtes solennelles. Les révolu-
tions, sans exception, se traduisent toujours par le fanatisme et
la cupidité. Ces deux passions, marchant parallèlement, font la
guerre aux œuvres d'art et aux souvenirs les plus patriotiques.
La Suisse nous a donné, dans ces derniers temps, un exemple
de cette ignorance et de cette avidité, en dilapidant et vendant
les trésors des églises et des couvents supprimés par le parti
dominant (1).
  Cent quarante évèques étaient réunis. Beaudoin, empereur de
Constantinople, et Raymond, comte de Toulouse, se trouvèrent
    (I) Le Gouvernement français vient de recueillir une de ces épaves
 d'autant plus précieuse qu'elle est un souvenir des révolutions des XV e el
 XIXe siècles. Il s'agit d'un magnifique retable en or , enlevé à la cathédrale
 catholique de Bâle, à l'époque de la réforme. Ce retable étant considéré
 par les habitants comme une espèce de palladium, fut conservé dans un
des souterrains de la cathédrale, appropriée au culte nouveau. Mais la
guerre civile ayant éclaté dans le canlon , en 1834, la campagne se sépara
de la ville , et le résultat de cette révolution fut la formation de deux demi-
cantons. Le parti rural victorieux exigea qu'on lui cédât le retable, dont il
faisait le plus grand cas, non pour la forme mais pour le fond. Les campa-
gnards , beaucoup plus en progrès que les bourgeois, se disposaient à tirer
un parti raisonnable de leur conquête en la fondant, lorsque le retable ,
après avoir été soigneusement pesé par ces positifs républicains, fut ven-
du à M. le colonel Theubet de Bâle. Cette pièce très-remarquable , don-
née par l'empereur Henri II à la susdite cathédrale , au commencement dit
XIIe siècle , vient d'être acquise par le ministre d'Etat pour le musée de
Cluny. —Xoir le Moniteur du 20 juin 1851. Prosp. Mérimée.