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                      SUR LE DIOCÈSE DE LYON.                            377

lations rurales. La vie politique sembla pour un temps aban-
donner la plaine, et beaucoup de centres de populations qui
n'étaient pas assez forts pour résister aux coups de main des
gens de guerre disparurent dans la tourmente. Un nouveau
système d'administraliou fut créé. Le nom dont on se servit
pour désigner la nouvelle circonscription territoriale porte
avec lui, comme l'ancien, l'empreinte du temps où il fut mis
en usage. A une époque d'ordre, on avait appelé ager ou
pagus la division du territoire , parce que celte division était
surtout agraire; mais, au moyen-âge, où tout.était constitué
pour la guerre, on l'appela châtellenie , parce que le châ-
teau était la base du système féodal. Ce ne serait rien en-
core si celte circonscription avait eu quelque chose de fixe;
mais mille circonstances venaient la modifier. Comme tout
était personnel alors, il suffisait d'un mariage, d'une mort,
d'une acquisition pour changer les limites d'une circonscrip-
tion. Aussi n'esl-il pas possible de suivre dans un (ravail
général les transformations successives du territoire : ceci est
du fait de l'histoire locale.
   Heureusement, l'Église n'imita pas celte fois le pouvoir
temporel (1). Suivant les vieilles traditions, elle se créa pour
son usage un nouveau système de divisions territoriales fondé
en partie sur l'ancienne délimitation provinciale, qu'elle
conserva intacte , sauf de rares exceptions. C'est cette admi-
nistration , qui seule embrassa tout le grand pagus Lugdu-
nensis, qui seule aussi va maintenant servir de base à mon
travail, comme elle servit de fondement aux division admi-
nistratives du pays lorsqu'on vit renaître l'ordre du sein de la
confusion féodale.                    Auguste BERNARD.
       {La suite au prochain numéro.)
   (1) Je parle ici de l'Eglise en général, et non pas des monastères, qui,
ayant des intérêts distincts et locaux, adoptèrent souvent le système féodal.
Nous en avons la preuve dans la charte 430 de Savigny, où nous voyons
la mention d'une véritable châtellenie d'où dépendaient treize églises qui
étaient du patronage de l'abbaye.