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nage» de toutes les nations; il llalla Erasme, qui lui écrivit
comme à l'héritier de son œuvre cl presque de sa gloire ; il
adula un jour si bassement le cardinal du Bellay, que ce pré-
lat crut qu'il lui demandait l'aumône ; il élait lié avec Rabe-
lais, qu'il chargeait familièrement de saluer le poète Saint-
Gelais ; c'est à lui qu'on a fait dire qu'il préférait les psaumes
de Buchanan à l'évéché de Paris. Il jouissait d'une telle estime,
que la sœur de François I er , la charmante Marguerite, le pria
de veiller à l'éducation de Jeanne d'AIbrel, sa fille, et la mère
d'Henri IV. Il publia, sous le titre de Nugœ, huit livres d'épi-
grammes, dont Joachim du Bellay, le neveu du cardinal,
l'ami de Ronsard, dit :
Paule, tuum scribis nugarum nomine librum :
in loto libro nil melius titulo.
On trouve cependant dans ce livre, qui est à proprement par-
ler l'histoire de la vie du poète, une image fidèle et singulière
de l'existence des hommes de lettres au xvi° siècle.
N. Bourbon se rendit en Angleterre en 1535, l'année même
de l'exécution de Th. Morus; il injuria celle noble victime
par quatre vers médiocres qu'on peut juger sur le dernier:
Al miper misero cervix est icta securi.
Il fit sa cour à Th. Cromwell, à Crammcr, misérables ins-
Iruments des passions et des cruautés d'Henri VIII; il célébra
le roi lui-même en face de ses crimes. A Londres, il fré-
quentait îlans Holbein, et, tout en posant devant lui, il écri-
vait ces vers :
Dùm divina meos vullus mens exprimil Hansi
Per labulam ilocla pra:cipilanle manu,
Ipsum et ego inlerea sic uno carminé pinxi :
IXausus me pengens major Appelle fuil.
Il semble qu'avant de partir pour l'Angleterre, >'. Bour-