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i88 BÉRENGER DE LA TOUR
vertus de sa Toute, celle dont « la veûe ha son œil si
charmé. »
Voici quatre de ses sonnets où Bérenger de la Tour
exprime d'une façon charmante la sainte passion qu'il a
pour la vierge qu'il honore :
A ELLE
Plus voz chansons dévotement j'escoute,
Plus sont en vous tous mes esprits raviz :
Plus eslevez vostre voix m'est advis
Que les plaisirs du paradis je gouste :
Plus de voz mœurs qui vous remplissent toute
Je paiz mes sens moins en sont assouvys :
Plus je m'arreste en vos très saincts devis,
Plus en mon cueur un doux miel je desgoutte,
Dont si parfois (ravy d'un si grand bien)
Ma bouche unie à la vostre je tien
(Encor larron de la faveur payenne),
Ce n'est la chair qu'employé là sa force,
Mais pour autant qu'Ã l'heure je m'efforce,
Succer vostre ame, et la joindre à la mienne.
RESPONSE D'ELLE
Tant plus je fay de vos escrits lecture,
Plus m'en revient de goust et de plaisir,
Je n'en scauroy contenter mon désir,
Tant est d'honneur plaine votre escriture.
D'ELLE ENCORE
Quel digne lieu pourray je appercevoir,
En quelle part (hélas) pourray je mettre
Mon seul thrésor, comprins en une lettre,
Que maintenant je vien de recevoir ?