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194                LES BEAUX-ARTS A LYON.

dans la production des objets demandés par le luxe des
particuliers, elle s'occupe de la décoration, de l'ameuble-
ment et des parures. Ici l'art se lie à l'industrie, et l'artiste
demeure l'esclave de la mode. Il en résulte que l'influence
des arts similaires des contrées voisines est plus manifeste ;
les modèles italiens sont plus servilement copiés. Mais,
tout en se renfermant dans une sphère plus étroite, la
sculpture travaille beaucoup et se tient au niveau des pro-
grès réalisés par les arts plastiques secondaires.
   La peinture et la gravure ont des allures plus indépen-
 dantes. Il est impossible de déterminer quelles étaient les
tendances qui prédominaient dans la corporation des maî-
tres peintres : toutefois, à en juger par les artistes qui se
 sont dégagés des liens de la corporation et qui doivent être
 considérés, en raison de leur réputation, comme des chefs
 ou des modèles que consultaient les autres, toutes les écoles •
étaient représentées à Lyon. Perréal, qui avait visité Flo-
rence et Eome à l'époque où la peinture y était portée à
une si grande perfection, et François Stella, qui paraît à la
fin du siècle, sont les représentants du style italien. Avec
Bernard Salomon ce sont les traditions françaises qui pré-
dominent ; et au milieu du seizième siècle, il y avait un
grand mérite pour les artistes à rester dans la voie que leur
avait montrée Jean Cousin et à s'attacher à la précision
du dessin, comme à l'étude sérieuse de la nature, car
c'est l'époque où les artistes florentins patronnés par les
rois répandaient en France le goût de la peinture de pra-
tique, des poses forcées, des formes gracieuses et élégan-
tes mais conventionnelles. Corneille, dans le genre des
portraits, apporte les tendances des écoles flamande et alle-
mande modifiées cependant et francisées.
                                              E.   PAKÏSET.

         ( A continuerj.