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Anloine-Marie-François ARTAUD, né à Avignon le 8 avril
17G7, fit d'abord ses éludes à Orange, les termina à Valence
(Dauphiné) et alla apprendre le commerce à Lyon. Son goût
pour l'archéologie ne se développa que dans celle dernière
ville ; c'est là , en effet, que s'éveilla sa passion pour les
arts, qu'il commença sa collection précieuse et qu'il noua ses
relations les plus intimes, celles dont le souvenir lui fut tou-
jours agréable. Il y fut adressé, pour entrer dans le commerce
à un fabricant d'étoffes, M. Dechazelle, habile nuancier, dont
l'atelier lui offrit des œuvres pleines de grâce et de délicatesse,
et contribua puissamment aux progrès qu'il lit dans l'art du
dessin. L'un et l'autre, unis entre eux par une étroite amitié,
furent forcés de se cacher pour se soustraire aux persécutions
révolutionnaires. Après la réaction du 9 thermidor, ils se re-
trouvèrent : Artaud dessinait à Lyon le portrait, pendant que
Dechazelle peignait les fleurs; puis, la maison de ce dernier
s'étant organisée, son ami fut compris dans la société nou-
velle. Le désir d'étudier les grands maîtres et de donner plus
de perfection à leur établissement, les conduisit à Paris, où
ils se lièrent avec Guéiin, Gros, Girodet, David, Bosio et au-
tres célébrités. Mais, un jour, à la vue de quelques poteries
antiques gisant sur le sol, Artaud sentit naître sa vocation ar-
chéologique. Une crise commerciale lui ayant fourni l'occasion
d'aller en Italie, il se mil à étudier les monuments de R o m e ,
d'Herculanum et de Pompéi. De retour à Lyon, où sa réputa-
tion d'archéologue l'avait devancé, il fut placé à la tête du
Musée et de l'Ecole de dessin, au palais Saint-Pierre. Decha-
zelle y avait créé une classe de tissage et de mise en carte
pour les étoffes de soie et les dessins de fleurs. Artaud, riche
des observations qu'il avait faites dans ses voyages en Italie
et en Angleterre, el qu'il avait mûries par la réflexion, s'oc-
cupa d'en faire jouir le public par divers mémoires qui ont
paru, tantôt avec son nom, tantôt avec ses initiales, et dont
les uns ont été publiés séparément, les autres insérées dans
des recueils scientifiques. En voici rémunération, d'après