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 sonner les Chinois, ils auraient bien pu ne pas leur vendre
de l'opium et môme en empêcher l'exportation. Mais on
peut aussi demander, si les Chinois n'avaient pas eu la manie
de s'empoisonner, comment n'ont-ils pas pu en empêcher
l'importation? L'un était aussi impossible que l'autre. Pour-
quoi ne peut-on empêcher la contrebande de tant d'objets
pour lesquels on n'est pas pris d'une passion indomptable,
tels que le colon, les dentelles, etc. Essayez de décupler le
droit d'octroi sur l'eau-de-vie, pour la ville de Lyon, el vous
verrez si on en boira moins, mais tout entrera par contre-
bande, et cependant une ville est plus facile à garder que les
côtes de l'Inde ou celles de la Chine. Si la majorité des An-
glais s'enrôlait dans les sociétés de tempérance, ce qui n'aura
pas lieu de sitôt, s'ils déclaraient l'eau-de-vie un poison,
pourraient-ils en empêcher l'inlroduclion en Angleterre?
Auraient-ils le droit de déclarer la guerre au reste de l'Eu-
rope, parce que des Espagnols, des Français, des Allemands,
alléchés par un grand bénéfice, essayeraient d'en fournir
leurs contrebandiers. S'ils ordonnaient de la brûler, leurs
employés ne la brûleraient pas mieux que les Chinois ne
brûlaient l'opium confisqué, pas mieux que les Français ne
brûlaient les marchandises anglaises lors du système conti-
nental, mesure empruntée, sans doute, au gouvernement chi-
nois.
   Les philanthropes surtout se sont fortement émus de cet
empoisonnement en masse. Lésons ont calculé que sur 34,000
caisses d'opium, il y a la moitié d'extrait fumable, ce qui
donnerait 3,332,000 taels. En supposant qu'un homme en
brûle un dans 24 heures, voilà 90,000 fumeurs annuellement
empoisonnés. Ce serait peu pour cette population de l'em-
pire du milieu. Un second arrive et s'écrie : Etes-vous fou
de croire que l'on puisse fumer un lael, ou 593 grains, dans
un jour? Il y en a bien là pour dix fumeurs, ajoutez seule-