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,334 une solution du problème des tangentes pav une méthode qui se rapprochait de celle qu'on appelle méthode des limites. Je renvoie le propos dans ses mêmes termes aux géomètres. Les soins de M. Daburon tirèrent le jeune émule de Pascal de son embarras, et l'introduisirent dans la haute analyse. En même temps, un ami de M. Daburon, qui s'occupait avec succès de botanique, lui en inspirait le goût, et le guidait pour les premières connaissances. Le monde naturel, visible, si vivant et si riche en ces belles contrées , s'ouvrait à lui dans ses secrets, comme le monde de l'espace et des nombres. Il lisait aussi beaucoup toutes sortes de livres, particulièrement l'Encyclopédie, d'un bout à l'autre. Rien n'échappait à sa curiosité d'intelli- gence; et, une fois qu'il avait conçu, rien ne sortait plus de sa mémoire. Il savait donc, et il sut toujours, entre autres choses, tout ce que l'Encyclopédie contenait, y compris le blason. Ainsi son jeune esprit préludait à cette universalité de connaissances qu'il embrassa jusqu'à la fin. S'il débuta par savoir au complet l'Encyclopédie du 18 e siècle, il resta encyclopédique toute sa vie. Nous le ver- r o n s , en 1804, combiner une refonte générale des con- naissances humaines; et ses derniers travaux sont un plan d'encyclopédie nouvelle. Il apprit tout de lui-même, avons-nous dit, et sa pen- sée y gagna en vigueur et eu originalité ; il apprit tout à son heure et à sa fantaisie, et il n'y prit aucune habi- tude de discipline. Fit-il des vers dès ce temps-là , ou n'est-ce qu'un peu plus lard ? Quoi qu'il en soit, les mathématiques, jus- qu'en 0,3, l'occupèrent surtout. A dix-huit ans, il étu- diait la Mécanique analytique de Lagrange, dont il avait