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200                         VATOIS DU LYONNAIS.

de province, et tous les hommes qui ont étudié les formes
du langage spécial au pays où ils ont passé leur vie.
   Cette étude, j'ai voulu la tenter pour le territoire de notre
ancienne province de Lyonnais Forez et Beaujolais. On
pourrait croire que de tels travaux sont ingrats, mais, comme
tout ce qui tient au domaine enchanté des belles-lettres, je
puis assurer qu'ils sont pleins de charme pour celui qui s'y
dévoue. Il y a quelques années encore, on les aurait regardés
comme futiles, mais ils ont aujourd'hui pour eux de grandes
autorités et de grands exemples. Je veux pourtant, et c'est
là le but de cette introduction, dire à quel point de vue m'est
apparue l'utilité de l'étude des dialectes provinciaux. J'es-
saierai ensuite de caractériser les patois de nos provinces,
et d'indiquer la place qu'ils doivent occuper dans le tableau
 des anciens idiomes de la France.

                                         I.

   L'unité politique de la France est un t'ait comparativement
très-récent dans son histoire. Un territoire aussi vaste ne
pouvait pas avoir une langue unique, tant qu'il n'était pas
occupé par un État un dans son administration, dans ses
mœurs, dans cet ensemble d'idées et d'actions qui constitue
la vie sociale.
   L'unité de langage n'a jamais existé sur le sol de la France;
elle n'y est pas encore accomplie.
    Quand les Romains mirent le pied en Gaule, ils y trou-
vèrent des peuples divers. César en compte trois , les
Belges, les Aquitains, ceux qu'il appelle du double nom de
 Celtes et de Gaulois. Ils différaient entr'eux, dit-il, par les
 lois , par les coutumes , par le langage (1). Que cette

      (l)Hi omnes liugua, instilulis, legibus, inler se differunt. Cœsar. De bello
 Gullico, Kl), i.