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                            AU MOYEN-AGE.                             463

siècle, excitait les populations à la pénitence et à la vie chré-
tienne dans l'attente du grand jour du jugement général.
Surtout, « il cherchait à prémunir leur foi ; il craignait de
« la voir s'affaiblir dans les âmes, se ressouvenant des
« oracles apostoliques et des avertissements de l'Evangile
« où il est dit : qu'il y aura dans les derniers jours des
« moments périlleux; que l'iniquité abondera, et que la
« charité du plus grand nombre se refroidira (1). »
   Il est évident que le bienheureux croit toucher aux der-
niers jours du monde. Et nous tenions à mettre en relief
ces témoignages d'une opinion inoffensive généralement
attribuée aux plus saints personnages du Xe siècle , et que
M. l'abbé Rohrbracher dans son Histoire générale de VEglise
a trop facilement contestée (2).
   (l)Mabillon. ActaSS. ord.S.Bened. t. vu, p. 89, vitaB. Hugonis, n° 16.
   (2) Après avoir cité un texte d'Abbon de Fleury où nous sommes loin
d'apercevoir tout ce qu'en veut déduire M. Rohrbracher, cet historien
si grave généralement s'exprime ainsi (2 e édit. t. xm, p. 292) : « Dans
« plus d'un livre d'histoire ou d'historiettes, on nous assure que dans le
« moyen âge, tout le monde était persuadé que le monde finirait l'an 1000.
« Et voilà un saint et un savant du X e siècle qui nous apprend que cette
« opinion était regardée de son temps comme une erreur particulière,
« contraire à l'Écriture ; et erreur tellement particulière que, jusqu'à
« présent, voilà la seule mention que nous en ayons trouvée dans les
« écrivains du moyen âge. Conséquemment l'assertion de tant d'histoires
« ou historiettes modernes est un conte. »
   Rien n'est cependant plus commun dans les chartes du X e siècle que
des considérants comme ceux-ci que nous tirons des pièces justificatives
qui terminent le second volume de l'histoire du Qucrcy par Cathala :
« Mundi senio sese impellente ad occasum, divinis jubemur prœceptis...
« p. 389. — Apprapinquante mundi senio, atque ruinis ejus crebrescentibus
 « opportet, etc., p. 100.— Hujus mundi superveniente termina et crebres-
« centibm ejus ruinis impellente jam senio.,, p. 406. —Mundi termina
 « appropinquante ruinis crebrescentibus jam cerium, e t c . . » p . 409. —
Le premier de ces textes se lit en tête de la fondation de Beaulieu, en
Limousin, et cet acte est signé entre autres par l'abbé Abbon.