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460              EMPLOI DES BIENS ECCLESIASTIQUES

sont-ils pas dans tous les âges, le céleste apanage du cœur
de la femme chrétienne? Nous aimerions à recueillir ici,
les noms bénis des Astasie, des Odiles, des Suzanne, des
Stéphanie, etc, etc, etc. s'ils étaient moins nombreux, et
surtout s'ils étaient accompagnés de quelques uns de ces
faits qui les ont rendus admirables aux yeux de leur gé-
nération, et ont provoqué cette sorte de culte religieux,
qu'on a appelé la Chevalerie ! Ces âmes pures et durement
éprouvées, quelquefois n'avaient point de grands crimes à
expier, mais un vrai besoin de vertu et de charité a satis-
faire, elles donnaient largement de leurs propres mains ;
elles remplissaient personnellement les pieux offices dévolus
depuis spécialement aux sœurs de charité. Ce n'était pas
assez , elles voulaient assurer la continuation de leurs
bonnes œuvres après la mort, et savaient du même coup
trouver le moyen d'en multiplier le mérite pendant la vie,
faisant le bien et en renvoyant l'honneur aux yeux du peuple
chrétien, a notre mère la sainte Eglise.
   La piété est ingénieuse, l'esprit de foi se manifeste sous
toutes les formes. Aussi voyons-nous des motifs de diverses
natures exprimés dans notre cartulaire et des conditions
aussi diverses imposées a l'Eglise. Suzanne donne a l'église
de Prisse une petite terre pour obtenir d'avoir sa sépulture
a l'ombre de Saint-Martin (1). Aimon, Giraud et Durand
donnent de concert a l'église Saint-Vincent, un pré à Mouhy
en vue d'obtenir une faveur semblable pour leur frère
Girard (2). Tel est l'objet d'un grand nombre de chartes.
La 469e nous donne lieu d'admirer la précision du langage
chrétien d'un chevalier, de Robert qui fait donation d'un
manse pour le salut de son dme, et pour la sépulture de
son corps à Saint-Fmcenl.

  (I) Ch. 241.
  (*) Ch, 430,