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                     GORB.ESPONDANÅ’.
 Lettre de M. le baron ROGET DE BELLOGUET à M. le Directeur
                            de la Revue.
                                           Paris, \ 1 avril 1859.
             Monsieur,
   Vous m'avez fait l'honneur de placer mon nom parmi ceux
des collaborateurs de votre bonne et forte Revue, permettez-moi,
à ce titre, de relever les erreurs échappées à M. Gacogne dans
son Histoire des Bourguignons, erreurs commises sur la foi d'au-
teurs aussi peu sûrs que D. Plancher et les autres romanciers de
l'histoire Bourguignonne. M. Gacogne aurait reconnu lui-même
la fausseté des faits qu'il avance s'il avait recouru aux sourceSj au
lieu de consulter des travaux de seconde main.
    Ces erreurs sont toutes indiquées dans mes Questions Bourgui-
gnonnes que l'Institut a honorées de ses prix, et qui ont obtenu,
sur les points qui s'y trouvent discutés^ l'assentiment des juges
les plus compétents. Ce n'est point une question d'amour propre
qui m'a fait prendre la plume, mais mon zèle pour la vérité his-
torique, à laquelle j'ai consacré tant de pénibles recherches, et
qui me donne le droit de dire que ce n'est plus être à la hauteur
de la science que d'admettre encore aujourd'hui :
    1° La cession d'un territoire quelconque faite en Alsace ou
sur la rive gauche du Rhin aux Bourguignons par Valentiuien Ie*.
    2° L'assertion de Sozomène sur la conversion des Bourgui-
 gnons en 317, et la part qu'on donne ensuite dans leur conver-
sion à un évêque de Spire. Sozomène est tout à fait innocent
 de la sottise qu'a dite D. Plancher.
    3° La confusion de Gundioc avec Gundicaire tué en 436 par les
Huns ; la part de ce dernier à la défaite d'Attila, son patriciat, etc.
    4° Les conquêtes de ce Gundicaire (ou de son successeur) au
sud dés Vosges, (son royaume étant supposé subsister encore au
bord du Rhin).
    On oublie que ce royaume, fondé en 413, n'existait plus et que
les Burgundes écrasés par les Huns en 436, avaient obtenu la
 Savoie pour refuge, en 443 oii mieux 439.
    5° L'assertion de J. Vignier sur l'initiative qu'aurait prise
 Langres en se donnant la première aux Bourguignons. Cette initia-
 tive et la citation qui l'appuie sont une double erreur de M. de
 Gingins.
    Quant aux fautes secondaires que je pourrais encore signaler
 dans l'article de M. Gacogne, je ne m'y arrêterai point, parce
 que, moins évidentes, elles auraient besoin de trop d'explica-
 tions. Je me bornerai à prier de nouveau M. Gacogne, au nom
 de la science historique à laquelle il consacre ses recherchés, de
 remonter toujours aux sources, sans la vérification desquelles on
 est continuellement exposé à s'égarer.
    Veuillez agréer, mon cher Monsieur, la nouvelle assurance de
 ma parfaite et affectueuse considération.
                                ROGET baron de BELLOGUET.