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SUR LE COQ. 441
type irréprochable, ne doit altérer la forme simple, grave,
harmonique et pure de la croix latine ; mais dans certaines
régions, l'usage de couronner d'un coq le signe suprême de
la rédemption a prévalu : il est devenu traditionnel, populaire,
partant respectable. Il est à remarquer, toutefois, que les
archéologues du Nord ( MM. de Caumont, l'abbé Grosnier,
etc. ), exagèrent les droits de cet emblème dominant la
croix à la tolérance de l'Eglise, tandis que ceux du Midi
( M. l'abbé Gareiso, etc.), restent muets sur ce point.
Leurs paroles ou leur silence représenlent donc exactement
la géographie du coq combiné à la croix 1res-bornée par
rapport à l'univers catholique. Les écrivains septentrionaux
qui se sont occupés de la monumentalité sacrée sont en gé-
néral très-exclusifs et très-infatués de leur pays, et consentent
même à peine à faire fléchir la rigueur de leur synchronisme
architectural devant son flagrant défaut de concordance avec
celui des régions méridionales.
A Paris, il existe à peine quelques coqs ecclésiastiques,
et lesflèchesneuves de Sainte-Clotilde n'ont pour amortisse-
ment que la croix. A Saint-Nizier de Lyon, les deux clochers
aigus présentent, comme ceux de Saint-Jean-de-Lalran, la
girouette subordonnée à la croix. Ce qu'il y aurait eu, je crois,
de plus sage à faire à Saint-Pierre de Dijon, c'eût été d'imiter
les églises de Sainte-Clotilde et de Saint-Nizier. Mais l'usage
local tend à prévaloir. Seulement, ne pourrait-on pas combiner
le coq-girouette et la croix, de telle sorte que, disposé près
de la base, il fût dominé par le symbole de la rédemption ?
Quoi qu'advienne, espérons-le, le coq de Sainl-Pierre de
Dijon (qui, aux yeux du plus grand nombre, sera motivé par
le vocable), offrira d'heureuses proportions et ne sera point,
comme celui de Chalon, un outrage au bon sens et au bon
goût. En toute raison, il ne faut au faîte des clochers, comme
en tête delà couronne impériale, que lacroix, et la croix seule.
J o s e p h BART), de l'Académie de Dijon.