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A LYON. 103
Là soupiraient les vers cl le cœur de Louise (l) ;
Ici venait prier et repose Gerson (2).
Le vieux temple d'Auguste a doté celte église (3)
Des piliers où Bavard pendit son écusson.
C'est là qu'eut son autel (4) et son ardente arène,
LÃ qu'a fleuri chez vous, pour y grandir encor, ,
Cette éloquence, accent d'une vertu sereine,
Qui vient (5) de nous parler avec ses lèvres d'or.
Sous ce ciel vaporeux habile par la fée
Qui dans la paix du rêve endort la passion,
L'harmonieux Ballanche avec l'hymne d'Orphée,
Du prophétique Hébal chantait la vision.
Là haut, Rome a laissé des noms cl des ruines :
Le Christ inexpugnable y garde ses remparts,
La poésie, à flots, de ces saintes collines,
Comme la charité, descend de toutes parts ;
Elle y remonte avec l'encens delà prière ;
Elle entoure, Ã jamais, de rayons et de fleurs,
L'autel aérien d'où la divine Mère
Se penche nuit et jour sur toutes nos douleurs.
Des martyrs ont gravé, là haut, voire épopée (6) ;
Et, dans la plaine, au bruit du Rhône mugissant,
Auxlucurs de la bombe, aux reflets du l'épée,
.l'ai lu lout un poème écrit de votre sang (7) .
Là , vers celte chapelle (8) où le deuil nous rassemble,
Fiers, léguant aux bourreaux lahonte et les remords
Vos pères et les miens (9) qui reposent ensemble,
Vcngaient la liberté par d'héroïques morts.
(1) Louise Labbé, L.v BELLE CORDIÈRE, poète du XVI" siècle.
(2) Gerson, auteur présumé de l'Imitation de J.-C. Enlerré près de l'église de St Paul.
(3) L'église d'Ainay. L'oncle de Bavard en fut abbé. Le premier tournoi de Bayard eut lie
dans les prés de l'abbaye.
(4) Les combats d'éloquence devant l'autel d'Auguste, au confluent du Rliône et de la Snôiie,
(fi) M Paul Sauzet, à la séance publique de l'Académie.
(6) Martyre de saint Polhin, de sainte Blandine, etc.
(7) Le siège de Lyon.
(g) Monument expiatoire des Brolteaux.
fïO L'-sForé^riiç v?nus à la défense de Lvon.