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42            NOTICE SUR BOSCARY I>E VILEEMA1NE.

patrie, un respect profond pour la royauté qu'il regardait
comme la base de l'édifice social en France, enfin une
horreur invincible pour tout ce qui ressemblait au désordre,
telles furent les dispositions avec lesquelles il entra
dans la Garde nationale, seul moyen qu'il eût de venir en
aide à l'autorité qu'attaquaient de toutes parts les démo-
lisseurs. A partir de ce moment, le soin de sa propre vie et
celui de cette fortune qui semblait jusqu'alors avoir absorbé
toute son activité, n'eurent plus a ses yeux qu'une im-
portance très secondaire. Il consacra à sa nouvelle mission
tout ce qu'il possédait d'énergie et de capacité.
   Remarquons en passant la différence de caractère qui
existait entre les deux frères, malgré la parfaite confor-
mité de leurs opinions. L'aîné doux et timide fuyait les
luttes politiques ; le plus jeune s'y jetait au contraire avec
toute l'ardeur qui lui était naturelle et ne perdait jamais
l'occasion de résister en face aux factieux chaque fois qu'elle
se présentait.
   11 se passait a cette époque un fait bien digne d'attirer
notre attention. Pendant que la plupart des hommes qui
occupaient les premiers postes dans la magistrature,
l'administration, l'armée et la marine désertaient ces mêmes
postes pour passer a l'étranger (1), on vit de simples


   (1) Boscary Villeplaine a toujours pensé que l'émigration fut une grande
faute politique, mais jamais il ne manifesta cette opinion avec plus
d'énergie que dans une occasion dont nous lûmes témoin. La scène se
passait à la fin de 1813, au moment où, après les désastres de Leip-
sick, l'avenir de la France se, présentait sous l'aspect le plus sombre.
Un émigré, qui f tait présent attribua tous nos malheurs à la Révolution
dont ils étaient une suite naturelle. «Sans doute, s'écria Boscary de
« Villeplaine, avec véhémence, la Révolution a produit des maux in-
« calculables , mais, ccvix qui en parlent n'ont-ils point de reproches
« à se faire ? Lorsqu'elle commença où étiez-votis, Monsieur? à Coblenlz,