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POÉSIE.
Ont, au jeune disciple, enseigné la merveille
Que le génie a découvert.
Il va, le fer en main, explorant la souffrance
Dans les arcanes de la mort,
Malgré la double épreuve, une mâle espérance
A soutenu son noble effort.
L'exil de la misère, auguste et saint asile,
Que la pitié livre au malheur,
Étale à ses regards, sur une longue file,
Et la torture et la douleur,
Abandonnant sa vie à la vapeur morbide,
Il suit, aux vibrations du cœur,
La fièvre dévorante et la pâleur livide
Dont il espère être vainqueur.
Au grand art de guérir ah ! qu'un homme est sublime,
S'il en comprend le noble essor,
S'il court à son égal, impuissante victime ,
Sans rêver à l'appât de l'or,
S'il a mêlé sa joie à l'émoi des familles
Dont il est le libérateur ;
Et quand la mort arrive apportant ses faucilles,
Si l'angoisse a crispé son cœur.
A l'heure de détresse, un autre homme s'avance,
Portant le Christ, le rédempteur;
Il saisit à son vol une âme qui s'élance,
De la terre il est contempteur.
— Quittons, ami, dit-il, une gloire éphémère,
Notre vain partage ici-bas.
Pour le Dieu juste et bon laissons et la chimère
Et les fratricides combats.
Le mourant à l'œil terne a saisi sa pensée,
La joie illumine ses traits,
Déjà luitjune aurore à sa vie effacée,
Bien loin du monde et ses attraits.