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256 PIERRES A ÉCUELLES ET A BASSINS
Nous avons vu, en effet, que les pierres sacrées sont, dans
certaines parties de l'Europe, l'objet de la même vénéra-
tion que les monuments de pierre et les signes symboli-
ques en Orient, et quant aux mégalithes funéraires, nous
savons qu'ils sont encore, Ã l'heure qu'il est, en usage
dans les monts Kasias. Nous arrivons ainsi, par l'étude
comparative des monuments et des signes archaïques
aux mômes conséquences qui découlent de l'étude com-
parée des langues. Celle-ci nous ramène aussi à l'Inde,
comme au foyer des principaux idiomes européens. La
tradition admet, Ã cet effet, une grande immigration, celle
des Aryas, dont on a même entrepris, un peu prématuré-
ment, de fixer la date chronologique.
« Pour nous, il s'agit d'un événement préhistorique,
et nous ne saurions,, dès lors, lui assigner qu'une date
relative. Il marque à nos yeux l'aurore de la période
héoîithique ou de la pierre polie, alors que.les populations,
à l'a fois pastorales et agricoles, originaires de l'Inde, s'en-
vinrent,dans le cours de leurs migrations séculaires,pren-
dre en Europe la place des Troglodytes de race probable-
ment mongole, dont les Lapons sont en Europe les der-
niers rejetons. La même migration séculaire nous aurait
apporté avec les mégalithes et les néphrites, les céréales
orientales et une partie des animaux domestiques, qu'on
trouve déjà en abondance dans les plus anciennes cités
lacustres. »
Vous voyez par cette citation quels immenses résultats
a obtenus déjà la science moderne par l'étude comparée
de ces anciens monuments ; mais elle n'a pas dit encore
son dernier mot; et ce mot nous devons aussi concourir Ã
le chercher. Je ne saurais donc assez vous dire de vous
pencher aussi sur le sol des champs que vous allez par-
courir ; recherchez avec soin ces blocs nombreux que