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148 NOTICE SUR PHILIPPE THIERRIA.T
Ah ! bien loin que mon cœur désire
Ces villas qui frappent mes yeux,
Sans eh vouloir je les admire
Et sans elles, me sens heureux.
Je sais qu'il faut user sa vie
A travailler pour acquérir
Ce peu de terre qu'on envie
Quand notre tombe va s'ouvrir ! . . .
De mon âme reconnaissante
Il s'échappe un accent vers toi,
Dieu dont la main compatissante
S'est abaissée ainsi sur moi.
Ne suis-jepas, dans ma misère,
Enrichi de mon propre cœur,
Lui qui rend la nature entière
Tributaire de mon bonheur ?
Je ne vois plus d'un œil avide
Ces champs, dont mon ambition,
Comme l'aigle à l'essor rapide,
Convoitait la possession.
Va donc, 6 richesse importune,
Tu n'as plus d'attraits pour mon cœur.
Ma liberté, c'est ma fortune
Et ma pauvreté, mon bonheur.
(Couzon, 1848).
Ce fut à ce moment qu'il commença la traduction de
Y Iliade d'Homère, œuvre importante, qui lui valut tant
d'encouragements et d'amitiés, et qui, si ellene lui obtint
ni célébrité ni fortune, lui donna du moins la consolation
et l'oubli de ses revers.
Les vingt-quatre chants de Y Iliade sont achetés, mais