page suivante »
410 COUVENT DES MINIMES
ment essayèrent-ils de se justifier, leur faute était trop évi-
dente et préparait de trop graves désordres pour rester
impunie. Un décret constatant la désobéissance formelle
des religieux les frappa d'une condamnation sévère,
annula tout ce qu'ils avaient fait et les menaça des peines
les plus graves, l'excommunication et l'interdit, s'ils per-
sistaient dans leur rébellion.
Une répression aussi ferme et aussi rig'oureuse dissipa
les dernières illusions des coupables. Les pères Verdier
et Matharel se présentèrent au milieu d'une session, les
deux genoux en terre et les yeux pleins de larmes, pour
solliciter leur pardon, obtenir la suspension des peines
portées contre eux et s'engager, au nom de ceux qui les
avaient envoyés, à l'obéissance la plus complète.
Cette sage résolution ne tint malheureusement pas
longtemps devant l'obstination de leurs compatriotes,
qui persistèrent avec entêtement dans leur insubordina-
tion. Une lettre du nonce de France pleine d'indulgence
et de concessions n'eut pas un meilleur effet. Les choses
avaient été poussées trop loin, pour que les esprits puissent
s'apaiser tout à coup; par amour de la paix, on consentit
à ce qu'on n'aurait plus ajourné sans péril, la division des
deux provinces fut définitivement et régulièrement adoptée
en 1664. Mais par tout ce qui l'avait précédé, par la vio-
lence avec laquelle il avait été poursuivi ce partage
ressemblait plutôt à un déchirement qu'à une séparation,
amiablement consentie. (1 )
Dieu permit qu'après une aussi violente secousse l'union
prît un nouvel accroissement et les religieux de tous les
couvents restés sous l'obéissance de la Croix-de-Colle
(1) Arcti. dép. H. Ancien livre des chapitres généraux et provin-
ciaux, depuis 1630 jusqu'en l'annnée 1670. passim.