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COUVENT DES MINIMES 259
instances, n'eut pas à en soutenir longtemps les obliga-
tions et l'éclat (1).
Jean Ropitel, à peine nommé, donna, on ne sait trop
pour quels motifs, presque aussitôt sa démission. Il ne
s'était soumis qu'à contre-cœur au désir général, et il mit
à quitter sa charge autant d'empressement que d'autres
moins scrupuleux en apportent à convoiter les honneurs.
Ses frères en-religion le tirèrent de nouveau de l'obscurité
qu'il recherchait par dessus tout. Au chapitre d'Avignon,
tenu en 1578, il fut nommé procureur général des Mini-
mes. Cette dignité, la seconde de son ordre, lui fut conférée
à l'unanimité des suffrages.
A partir de ce moment, la trace de sa vie échappe tout
à fait aux plus minutieuses investigations. Ses dernières
années et sa mort appartiennent à Dieu tout entières.
Comme un athlète qui refuse d'occuper désormais le
monde de sa personne ou de son souvenir, quand la fatigue
et la vieillesse le tiennent éloigné de l'arène où il avait
coutume de combattre et de triompher, le Père Ropitel
demande à la retraite et au silence l'oubli du succès de
son brillant et fécond apostolat, et attend dans les rigueurs
et la solitude du cloître le dernier rayon de la miséricorde
divine qui rendra ses vertus mûres pour le ciel (2).
(i) L'auteur de l'opuscule sur les êvêques auxiliaires de Lyon,
lui donne le 41" rang sur la liste qu'il a dressée, et fixe la date de
son sacre au 28 septembre 3574. Nous ferons remarquer que le Père
Ropitel n'était pas franciscain, comme l'assure cet écrivain, mais
bien religieux minime.
(2) Le Père Ropitel a laissé un ouvrage dont nous donnons ici le ti-
tre. Sa piété le composa dans les courts loisirs que lui laissèrent ses
nombreux travaux, pour édifier les âmes qu'il avait ramenées de l'héré-
sie: Oraisons et Prières (en nombre de 14),/br£ dévotes et profitables
Sur les pétitions et demandes contenues en l'oraison de Notre-Sei-
gneur, tirées des Saintes-Ecritures, avec autres oraisons deplusieurs
anciens Pères Grecs, mises enfrançois par Jean Ropitel,— Imprimé
à Lyon par Michel Jove, 1571. — Bibliothèque d'Antoine du .Verdier,
Lyon, 1585.