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HISTOIRE DU LYONNAIS 193
le faict dont il estoifc question méritait bien d'y penser
avant que se résouldre ; et l'aultre pour le déplaisir que
j'avois de rescrire à V. M. ne pouvant satisfaire à sa
demande. Enfin, Madame, la considération de mon deb-
voir et de la condition du temps présent surmonta ces
difficultés et me donna hardiesse de vous faire la réponse
telle que vous pourrez avoir reçue, laquelle, je vous
supplie très-humblement vouloir avoir agréable et ne
trouver maulvaix que je demeure et continue en la mesme
résolution ; car, je proteste devant Dieu que ce rfest ni
par obstination, ni par ambition, ni par hayne, ni par
vengeance, ni par aultre passion ni affection sinon celle
que je dois avoir et auray toutte ma vie à vostre gran-
deur et au service du roy, votre filz et mon souverain
seigneur, que s'il plait à Votre Majesté de le croire ainsi,
ayant esgard à mon ancienne servitude et dévotion, ré-
duisant à mémoire les choses passées, mettant devant
les yeulx les présentes et prévoyant celles à venir. Je
m'estimeray très-heureux, au contraire, j'accuseray mon
malheur et l'injure du temps jusques à ce qu'il ayt en-
fanté la vérité et mys en lumière, en sorte que les bons
et vrais serviteurs du roy sont cognus pour telz et les
aultres n'ayent plus de masque pour couvrir leur ambi-
tion et avarice. Ce sera à ceste heure-là , Madame, que
les faultes seront rejettées sur ceulx qui les auront com-
mises et que le dommaige faict à ce royaume et la déso-
lation et ruynes dea villes seront; imputtez à ceulx qui
auront faict tous leurs efforts pour les esbranlér et abattre
et non à ceulx là qui se seront mys en debvoir de les def-
fendre et conserver, et si Dieu me faict la grâce de vivre
jusques à ce jour là , j'ay telle asseurance de ma cons-
cience et de la bonté et bon jugement du roy et vostre
que j'espère encore avoire cest honneur d'ouyr advouer,
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