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US LA BATAILLE DE NÉZIB
« L'agression de nos adversaires a dépassé les bornes;
avec plus de patience, nous ne pourrions plus les arrê-
ter ; car, peu à peu, ils sèmeront partout le désordre.
Plus nous avons été patients et circonspects pour ne pas
agir contre le gré des grandes puissances, plus nos 'ad-
versaires se sont avancés et ont porté les choses au point
où elles en sont, de manière qu'il n'y a plus de remède
et qu'en différant davantage, nous perdrions du temps, ce
qui ne convient pas à notre position. Donc, nous n'avons
d'autre ressource que celle de marcher sur eux et de les
attaquer. Comme l'agression vient de leur part, l'état
évident des choses démontre, qu'après tout, les grandes
puissances nous excuseront et nous donneront raison.
« En conclusion, à l'arrivée de la présente dépêche,
vous attaquerez les troupes de nos adversaires qui sont
entrées sur notre territoire, et, après les en avoir chas-
sées, vous marcherez sur leur grande armée à laquelle
vous livrerez bataille. Si, par l'aide de Dieu, la fortune
se déclare pour nous, sans passer le défilé de Kulck-
Boghaz, vous marcherez dr«it sur Malatia, Karpout,
Orfa et Diarbékir. »
Muni de ce précieux firman et sachant clairement ce
qu'il avait à faire, Ibrahim marcha en avant.
Soliman s'était arrêté à huit lieues d'Alep, et faisait
reposer ses troupes une partie à Baouarta, l'autre Ã
Douébek. Ibrahim l'appelle; cette fois, Soliman, parti
le 18 juin, le rejoint sur les bords du" grand Sadjour et.
le 20 juin, toute l'armée marche, sur cinq colonnes d'in-
fanterie et deux de cavalerie, vers Mezzar, vis à visNézib,
à l'autre extrémité de la plaine, au pied des montagnes
et à deux heures seulement du camp impérial. Une nuée
d'Hanadès formait l'avant-garde, soutenue par la cava-
lerie régulière et l'artillerie légère qui les suivait de près.