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 par le préfet et le maire de la division du nord. Eynard , conseiller-adminis
 trateur, voulut y réunir toutes les machines, les métiers, les productions de
 nos manufactures, et composer un véritable arsenal industriel. L'impulsion
 étant donnée par lé gouvernement, en 1805, la société dite des Amis du
  Commerce et des Arts se forma dans notre ville ; elle avait pour mission de
 favoriser et de répandre toutes les découvertes, les procédés importants, et
 d'exciter l'émulation sur tous les sujets d'utilité publique qui se rapportaient
 aux arts et à l'industrie. Dés sa formation , Eynard fut nommé vice-président
 de cette assemblée d'hommes bien intentionnés; il imprima à ses travaux une
 heureuse impulsion. Sur sa demande, la société enrichit de dons précieux
les collections commençantes de la ville.
    Lorsqu'en 1812, le comité d'administration du palais Saint-Pierre, com-
posé de douze membres , fut dissous par un arrêté du maire Sain-Rousset de
Vauxonne , cette commission fut remplacée par un inspecteur antiquaire ,
 qui détourna en quelque sorte l'établissement de sa destination primitive. Les
beaux-arts chassèrent les sciences et arts utiles : les métiers , les ustensiles
de fabrique , les machines réunies dans le conservatoire, furent remplacés
par les tableau* , les vases antiques, les objets de simple curiosité. Eynard
cria à la profanation, au vandalisme, lorsque le nouveau directeur provoqua
la mise à l'encan des machines anciennes et nouvelles qui marquaient tous
les degrés par lesquels avait passé l'industrie de notre ville. C'est alors que
pour une somme de seize cents francs environ furent vendus les modèles ou
les originaux des métiers de Garon, Falcon , Revel, Rivet, Philippe Lassale :
celui de ce dernier était unique dans son genre par la multitude de ses ac-
cessoires. Eynard contesta à la ville le droit de se défaire des objets donnés
par des particuliers ou des associations. La vigoureuse opposition qu'il fit en
celle circonstance à M. Artaud est honorable pour sa mémoire; il la pour-
suivit long-temps. En 1819 , il fit imprimer chez Roger un Projet de Péti-
tion à monsieur le Maire de lu ville de Lyon pour le rétablissement d'un consen-
ti'administration au conservatoire des arts, dans lequel se trouvent détaillés
tous les faits que je viens de relater. Deux ans après, Eynard obtint une
sorte de réparation des dommages publics qu'il avait signalés, des modèles
eu miniature remplacèrent les premiers métiers vendus; ils font à présent
partie de la riche collection de la Marliniére.
   Lorsque, de nos jours, les artistes se sont plaint de l'envahissement du
palais Saint-Pierre par les sciences, sans doute ils avaient oublié sa destination
première de renfermer aussi les collections scientifiques ; pendant longtemps,
il est vrai, seuls ils ont été favorisés par l'administration locale, qui avait
détruit tout enseignement scientifique, pour ne laisser subsister qu'une école