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« au contentement, comme je m'asseure , de tous ceux qui
« m'y ont connu, etc. » On peut fixer à l'année 1609 l'épo-
que à laquelle Garon abjura le protestantisme ; on lit en effet
dans son Adieu au monde (page 122 de la Lyre sacrée):
ï'avois jusqu'à trente ans suivy l'opinion
De Calvin , la croyant vraye religion.
Dieu m'appelle à salut, et me met en franchise
Bans le giron sacré de la très-sainte église.
Garon était père de famille lorsqu'il se convertit ; c'est ce
que nous apprennent les vers suivants, extraits d'un sonnet
à sa louange (page 104 de l'ouvrage déjà cité) :
Ni la fleur de tes jours, ni l'avril de tes ans,
Ni les plaisirs mondains, ni mesme tes enfans
Ne t'ont pu détourner de ta saincte entreprise :
Car , ayant entendu la voix de ton seigneur ,
Tu sors de Babilon pour rentrer dans l'église
Par le dernier adieu de ce monde abuseur.
Mais quel était l'art qu'exerça Louis Garon lorsqu'il cessa
de remplir les fonctions de lecteur dans le prêche d'OuIlius?
Il est à croire qu'il était prote ou correcteur d'imprimerie ;
c'est ce qui semble résulter de ces vers d'un autre sonnet,
inséré page 106 de la Lyre sacrée:
Ainsi, Garon, tu suis en hoonestes humeurs
Et en rares vertus les doctes imprimeurs
Qui pratiquent les arts de la docte Déesse :
Ainsi qu'eux tu as beu des fleuves chevalins
Où les sœurs ont plongé leurs membres cristalius,
Et comme eux tu choisis les lauriers du Permesse.
Garon passa donc sa vie à revoir les épreuves des ou-
vrages d'autrui et à en composer lui-même. Il est très-pro-
Perron , par Cochard, pag. 9 ). En 1790, les protestants de Lyon avaient
leur prêche aux Charpennes ; leur ministre était alors M. Frossard , auteur
d'une traduction des Sermons de H. Blair , et de quelques autres ouvrages.