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Et vous avez voulu , pèlerin solitaire,
Féconder , pouT nous tous , vos douleurs sur la lerre ,
Armant notre pudeur contre la volupté,
Vous avez fait plus fort notre moule fragile ,
Et vous avez rempli notre vase d'argile
     Des parfums de la chasteté.

0 poète ! c'est bien ; vous avez dans votre âge
Par une Å“uvre pieuse empreint votre passage ;
Vous avez ciselé votre beau monument
A la face de tous , sans crainte et sans mystère,
Sans secours étranger, sans ombre qui l'altère
     Sous le ciel bleu du firmament!

0 poète, c'est bien ! car la sainte parole
Doit descendre en nos cœurs ; sinon , fragile idole ,
11 faut briser toute Å“uvre et la jetter au feu...;
Moi, je ne comprends pas la forme sans pensée,
Et je ris de tous ceux dont la joie insensée
      Ose adorer l'art comme un dieu.

                                  Ernest FALCOSNET.