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375 Et vous avez voulu , pèlerin solitaire, Féconder , pouT nous tous , vos douleurs sur la lerre , Armant notre pudeur contre la volupté, Vous avez fait plus fort notre moule fragile , Et vous avez rempli notre vase d'argile Des parfums de la chasteté. 0 poète ! c'est bien ; vous avez dans votre âge Par une œuvre pieuse empreint votre passage ; Vous avez ciselé votre beau monument A la face de tous , sans crainte et sans mystère, Sans secours étranger, sans ombre qui l'altère Sous le ciel bleu du firmament! 0 poète, c'est bien ! car la sainte parole Doit descendre en nos cœurs ; sinon , fragile idole , 11 faut briser toute œuvre et la jetter au feu...; Moi, je ne comprends pas la forme sans pensée, Et je ris de tous ceux dont la joie insensée Ose adorer l'art comme un dieu. Ernest FALCOSNET.